Football Mertens a décidé de rester en Europe : "C’est difficile de dire non à un tel montant".

Dries Mertens est le Diable que tous s’arrachent. Son nom fait la Une des médias italiens chaque semaine et ses buts sont aussi nombreux que ceux des meilleurs attaquants d’Europe.

Cet hiver, il a failli mettre fin à son idylle napolitaine pour les liasses de billet de la Ligue chinoise. Pour Fan !, il a retracé son raisonnement et les raisons qui l’ont poussé à poursuivre l’aventure en Europe.

Avec, selon Football Leaks , seulement deux millions par an malgré vos statistiques de haut vol, vous avez eu le cran de dire non à une montagne d’argent venue de Chine…

"Je n’ai pas spécialement envie de parler de mon salaire. Je sais d’ailleurs que les chiffres publiés sont à peine véridiques. En Italie, par exemple, on parle de salaire net. Ailleurs, c’est plutôt le brut qui est pris en compte. Je peux juste vous dire que j’ai un beau contrat ici. N’oubliez pas qu’en quittant le PSV, je pouvais aussi signer au Lokomotiv Moscou."

Vous avez utilisé cet argument dans vos négociations avec Naples ?

"Oui et le club s’est aligné sur l’offre russe. J’avais déjà un beau salaire au PSV."

Un gros contrat est important pour vous ?

"Bien sûr, même si cela paraît fort de le dire ainsi. On voit des montants dingues qui circulent. Mais c’est juste une réalité."

À 35 ans, vous vous trouverez un job ?

"Oui, mais je veux avoir la liberté de choisir ce que je veux faire. Je ne vais pas glandouiller après ma carrière. Peut-être OHL aura-t-il besoin d’un directeur technique… Ma femme va également travailler. J’espère aussi profiter de la vie, faire le tour du monde. Si je décide d’aller passer un mois en Australie, je ne veux pas commencer à me tracasser pour les tickets d’avion ou le fait qu’un vol rapide est plus cher. Désolé, mais j’ai bossé dur pour obtenir cela. J’aimerais apprendre à connaître le monde car nous voyageons beaucoup sans rien voir… à part des hôtels et des pelouses."

La Chine, c’était pourtant de l’argent et de l’aventure !

"Je suis content que vous disiez cela. On entend des joueurs dire qu’ils signent pour l’aventure mais personne ne les croit. Je m’imaginais seul au milieu des Chinois. (rires) J’aurais aimé connaître cette culture. L’Asie est tout en haut de ma liste de destinations de voyage. Je voyais un transfert en Chine comme une expérience à part. Vous n’êtes pas curieux des raisons qui ont poussé Witsel à signer ? Moi bien. C’est pourquoi nous avons pris des informations, nous avons pesé le pour et le contre. Ma femme a lu des témoignages de personnes qui y vivent. Et puis tu entends parler du smog et tu te dis que ce n’est pas une atmosphère saine. De la nourriture qui n’est pas facile. J’ai considéré l’offre financière durant une journée. Et j’ai décidé de dire non. Je peux vous dire qu’il est difficile de refuser un tel montant. Mes enfants et même mes petits-enfants n’auraient plus à se soucier de leur avenir."

Pourquoi ne pas quand même signer ?

"Mon père conduisait le bus d’Anderlecht. Il m’a conduit de mes 11 à 18 ans tous les jours à l’entraînement à Bruxelles. Je n’ai pas encore d’enfant, mais je ne peux pas m’imaginer mettre ma vie de côté pour mon fils. J’ai tellement de respect pour ce que mes parents ont fait pour moi. Ils ne m’ont pas élevé en parlant d’argent. Je les aurais déçus en allant en Chine. Mon père lit tout sur moi. Il est très fier et je veux que cela soit encore plus le cas."

Auriez-vous pu évoluer avec des joueurs qui ont le niveau des séries provinciales autour de vous ?

"Jamais. Mes amis me le disent : je serais devenu fou si une passe n’était pas arrivée impeccablement. Mais bon, quand, à la fin du mois, tu regardes ton compte, tu te calmes peut-être. La Chine s’est présentée à un mauvais moment. Si j’avais été remplaçant comme la saison passée, je serais parti. J’aurais choisi l’argent. Peut-être retournerai-je sur le banc quand Milik reviendra. Mais peut-être continuerai-je à marquer autant de buts…"

"Je raconterai cela à mes enfants" 

Dries Mertens revient sur le parcours européen de Naples.

Nos confrères de Proximus 11 ont préfacé le choc entre le Real Madrid et Naples en compagnie de Dries Mertens. L’homme en forme de la Serie A espère renverser l’ogre espagnol.

Dries, quel était votre objectif avant de débuter la compétition ?

"Pour nous, il était juste nécessaire de passer la phase des poules. Nous avons vraiment pris cette compétition en regardant le match à venir et pas plus loin. Personnellement, je suis vraiment content d’avoir pu jouer et d’avoir été décisif."

Vous allez donc au Real pour l’emporter…

"Ce sera l’approche et nous verrons comment cela se passera. Le tirage au sort nous a offert l’un des adversaires les plus coriaces, et ce sera donc difficile."

Il y a de l’impatience au sein du groupe ?

"C’est spécial pour nous car nous avons plusieurs anciens du Real dans nos rangs. Puis, nous sortons d’une bonne phase de poules malgré quelques matches de moins bonne facture. Nous avons clairement laissé voir que nous étions un bon groupe."

Vous êtes souvent modeste mais disons le clairement : vu le niveau que vous avez atteint avec Naples, votre carrière est réussie…

"Oui et je raconterai ça à mes enfants. Il faut croire en soi. Parfois, il n’est pas grave de faire un pas en arrière pour finalement faire un bond en avant."