Édito : Décalage

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Football

Qu’y a-t-il de choquant dans le transfert d’Eden Hazard à Chelsea ? La mise en scène qui a entouré une annonce préparée à la manière du lancement d’un volume d’Harry Potter ? Sans doute. Le mystère entretenu par les acteurs du feuilleton sportif du printemps a de quoi faire sourire. Dans le sport professionnel, tout est bon, même les suspenses les plus faisandés, pour faire parler de soi.

Le montant ? En aurait-on parlé autant si l’époque n’était pas à la crise, si l’euro n’était pas menacé d’implosion, si la Grèce ne flirtait pas avec la faillite ? En 2001, Zidane est parti au Real de Madrid pour 75 millions d’euros et Rooney a coûté 44 millions à Manchester en 2004. S’en était-on ému alors ?

Bref, pas d’angélisme. Le foot professionnel n’a pas basculé dans la démesure la semaine passée et la loi de l’offre et de la demande s’applique à lui comme aux patrons des multinationales ou aux acteurs de cinéma.

Pour autant, il n’est pas honteux qu’à la faveur d’un événement comme le départ du prodige belge chez le champion d’Europe, on s’interroge à propos de l’origine de l’argent qui circule dans le football; de la moralité d’un sport sans cesse agité par les scandales, à l’image de celui que connaît le Calcio; de la qualité de ses dirigeants et des intermédiaires qui gravitent autour de lui; du train de vie de jeunes gens artistes en leur genre, assurément, mais bien souvent déconnectés des réalités de la vie qu’affrontent quotidiennement des milliards de femmes et d’hommes largement aussi méritants et sans doute plus utiles à leurs semblables.

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