Football

Entretien

C'était une autre époque", se souvient Scifo, en revenant sur le déplacement des Diables en Turquie le 30 avril 1997. "Aujourd'hui, je qualifierais notre groupe de difficile. Naguère, cette poule n'aurait pas eu de quoi nous faire vraiment peur. Mais ce temps, pour l'heure, est bien révolu. Aujourd'hui, notre niveau est tellement bas, l'atmosphère ambiante tellement négative que nous en arrivons à craindre... la Bosnie. Avec raison puisque, même contre ces petites équipes-là, nous ne pouvons presque plus être considérés comme favoris."

Dur, Enzo Scifo ? Froidement réaliste plutôt !

Quel calendrier m'agréerait-il ? Franchement, nous ne devrions pas nous poser la question. Le problème de l'équipe nationale ne devrait pas se situer à ce niveau-là. Aujourd'hui, quand il nous arrive de disputer de bonnes portions de rencontres, nous... perdons tout de même le match. L'important est que nous retrouvions très vite notre football. Notre football et surtout... notre sérénité. Que nous baignions, de nouveau, dans un contexte positif. Que nous retrouvions une mentalité de conquérants. Que chaque joueur redevienne fier de porter le maillot de l'équipe nationale, quel qu'en soit l'entraîneur. Que le joueur sélectionné se transcende, quelles que soient les conditions de jeu et les circonstances de la rencontre.

Avec quel coach fédéral ?

René est un collègue. Je le respecte. Mais il faut se rendre à l'évidence : je ne pense pas qu'il faille poursuive avec lui. René a joui d'un gros crédit. Il n'a pas atteint les objectifs qui lui ont été assignés. Il doit s'effacer : c'est la règle.

Qui, alors, pour le remplacer ?

On se focalise trop sur un entraîneur étranger, en arguant de nos problèmes linguistiques. J'estime qu'il existe encore de bons produits en Belgique, capables de récréer une mentalité saine autour des Diables. Oui, je suis candidat au poste de sélectionneur fédéral. J'aspire à apporter un plus à notre équipe nationale. Car on ne m'a pas encore prouvé qu'un entraîneur étranger fera mieux qu'un Belge. Et s'il se plantait, que devrions-nous faire ? Restons entre nous.