Football Salvatore Curaba est en pleine réflexion quant à la reprise RAEC Mons (D2), déclaré en faillite ce lundi

L’affaire n’aura pas autant de répercussions que la faillite de l’Excelsior Mouscron. Elle a cette fois pour théâtre le mouroir de la D2 et contrairement aux Hurlus de l’époque, les Dragons devraient finir la saison. La faillite du RAEC Mons, prononcée ce lundi par le tribunal de commerce de Mons, est tout de même une mauvaise nouvelle pour le football belge en général.

Fatigué de soutenir seul son club, Dominique Leone avait tiré sur la sonnette d’alarme en novembre dernier. "Si, dans un mois, je n’ai trouvé personne pour m’aider, je déclarerai le club en faillite." Pas toujours pris au sérieux, l’industriel est passé à l’acte avec quelques semaines de retard après avoir tout fait pour sauvegarder ce qu’il considérait comme son troisième enfant. "Je ne suis plus en mesure et ne souhaite plus mettre davantage de cash à disposition du RAEC Mons. Le club est confronté, en D2, à un déficit de recettes par rapport aux charges. J’espère qu’après la faillite, un repreneur se manifestera pour garantir la poursuite des activités du club. Je resterai, le cas échéant, à l’écoute d’éventuelles sollicitations."

D’après nos informations, deux pistes seraient considérées comme crédibles. L’une est internationale. L’autre est régionale et mène à Salavatore Curaba.

Ancien joueur de Charleroi qui a préféré son diplôme à une carrière professionnelle, Salvatore Curaba a lancé sa boîte dans le secteur de l’informatique. Depuis lors, Easi n’a cessé de grandir pour atteindre un chiffre d’affaires de 22,8 millions d’euros en 2013.

Intelligent, entrepreneur dans l’âme et Hennuyer, il est un candidat idéal pour reprendre le club. C’est pourquoi il a été contacté par Pierre François. "On s’est vu la semaine passée" , lâchait le businessman ce lundi soir. "Il m’a exposé la situation du club. Il voulait une réponse rapide, mais ce n’était pas possible."

Le dossier pourrait courir jusqu’à la fin du mois de mars. Rien ne presse donc pour l’entrepreneur originaire de la région du Centre qui devrait se décider dans le mois à venir. "Je dois être honnête, je suis intéressé par la reprise, mais c’est loin d’être fait."

Il ne veut surtout pas acheter un chat dans un sac. "Je dois avoir le dossier complet en main afin d’analyser tous les éléments possibles. Le projet est très ambitieux et je ne me lancerai que si je sens que j’ai une chance de réussir. Je dois également être certain d’avoir le soutien de la ville, des fans et des sponsors."

Connaisseur du monde du football vu son passé de Zèbre, il ne lâchera pas pour autant sa société Easi qui est en pleine expansion, ce qui a valu à Salvatore Curaba une nomination au titre de Manager de l’Année 2014. "Je devrai donc voir si je sais gérer à la fois ma société et le club et si j’ai les qualités pour prendre la tête d’un club. Je suis en pleine réflexion et je ne veux rien précipiter."


Les Dragons finiront la saison

"L’employeur est en faillite mais les employés restent sous contrat", précise Pierre François.

Maintenant que la faillite de la société anonyme qui gère le RAEC Mons a été prononcée, beaucoup de questions se posent. Il y aura, dans un premier temps, plus d’interrogations que de réponses. C’est au curateur, Me Bellavia, que reviendra la tâche de les apporter en sachant que sa mission première sera de payer les créanciers, ONSS et TVA en tête.

1. L’équipe première va-t-elle continuer ?

Déposer le bilan ce lundi 16 février ne fut pas un acte anodin. En agissant de la sorte, les dirigeants montois offrent aux candidats repreneurs un délai d’un mois et demi afin d’étudier la situation. Vis-à-vis de l’Union belge, la date du 31 mars est en effet cruciale. Une reprise des activités doit être actée d’ici là, histoire que le RAEC Mons puisse obtenir la licence indispensable pour continuer en D2 la saison prochaine.

Il n’était pas non plus anodin que Pierre François annonce, pas plus tard que vendredi, avoir introduit la demande de licence auprès de l’organe concerné. Au Tondreau, la volonté n’est pas de mettre la clé sous le paillasson mais bien de faciliter la tâche du repreneur potentiel. Il est donc presque acquis que l’Albert terminera la saison.

2. Quel avenir pour les joueurs de l’équipe A ?

Didier Beugnies et son groupe l’ont souvent répété alors que la menace de faillite se faisait de plus en plus pressante : la direction du club a assumé ses obligations jusqu’au bout. Les salaires de janvier ont été versés il y a peu, si bien qu’à l’heure actuelle, il n’existe aucun arriéré de paiement. Dans ces conditions, que les joueurs décident de poursuivre serait totalement logique.

De cette manière, le groupe fait de joueurs à qui l’Albert a tendu la main en juin pourra rendre la pareille tout en continuant à se mettre en valeur. C’est que la grande majorité de l’effectif sera en fin de contrat en juin.

Tout ce beau monde a été prévenu par Pierre François. Par SMS étant donné que Didier Beugnies a accordé trois jours de repos. "Leur situation personnelle n’est pas modifiée dans l’immédiat", précise Pierre François. "L’employeur est en faillite, pas les employés. Du moins tant que le curateur ne dénonce pas les contrats."

3. Quel avenir pour les jeunes ?

La restructuration entamée il y a plusieurs semaines par Pierre François n’a pas été sans conséquence pour le centre de formation, tout récemment amputé de son coordinateur, Pierre-Paul Verstappen. Mais lors d’une réunion d’information, Pierre François avait tenu à rassurer l’encadrement. "Il nous a dit que quoi qu’il arrivait, nous finirions la saison", témoigne Eddy Brogniez, le responsable sportif. À noter que le centre de formation fonctionne sur base de sa propre ASBL.