Football A la veille des rencontres retour de la Ligue des champions, on avait le moral en berne. Les résultats des matches aller ne laissaient planer aucun doute: le Real Madrid, le Bayern de Munich, Liverpool et Barcelone allaient se qualifier sans le moindre souci. Les Madrilènes étaient allés corriger la Juventus à Turin (0-3); le Bayern était allé gagner à Séville (1-2); les troupes de Jurgen Klopp avaient dominé largement celles de Manchester City (3-0) et Messi et Cie avaient balayé l'AS Rome 4-1. Que pouvait-il bien leur arriver? Bref, on se demandait si suivre les matches retour avait encore un sens.

De la folie à Rome...et à Madrid 


La glorieuse incertitude du sport n'est décidément pas un vain mot. Seul le Bayern de Munich a confirmé tranquillement son titre de favori en réalisant un partage pépère (0-0) dans son stade. Pas très glorieux mais efficace. De son côté, Liverpool a été malmené à City, qui s'est retrouve très vite aux commandes du match et aurait mené 2-0 au repos sans l'annulation injustifiée d'un but par l'arbitre. Après, c'est vrai, les choses se sont gâtées pour les hommes de Guardiola et Liverpool a réussi à renverser la vapeur et à tuer le suspense, grâce une fois encore à l'habileté démoniaque de Salah, l'un des meilleurs attaquants au monde actuellement.

Que dire ce qui s'est passé à Madrid et à Rome? Au stade Bernabeu, la Juventus a emballé la rencontre, ouvert la marque très vite puis continué à mettre sa griffe sur le match, réalisant l'incroyable exploit d'effacer sa dette de l'aller dans l'antre même de son rival. Avec cet étonnant 0-3 au marquoir à la 95e minute, on croyait pouvoir assister à d'étouffantes prolongations quand est arrivée cette scène du penalty, doublée de l'exclusion de Gianluigi Buffon, chassé comme un malpropre de ce qui pourrait être le dernier match européen de sa brillantissime carrière. Ronaldo fit le reste et Madrid passa l'obstacle par le chas de l'aiguille.

Pas de miracle de dernière seconde, en revanche, pour l'autre équipe espagnole en lice. Le Barça s'est bel et bien fait rosser à Rome, où l'AS local a réussi à remonter la pente ardue qui lui était mise sous le nez. A la fin du match, le marquoir affichait un 3-0 synonyme de déroute pour les Espagnols et d'ivresse pour les Italiens.

La fête au stade Vélodrome


La fête s'est poursuivie jeudi, en Europa League, avec l'extraordinaire spectacle offert au stade Vélodrome par l'Olympique de Marseille et Leipzig. Les Allemands, vainqueurs à l'aller par 1-0, croyaient avoir fait le travail en ouvrant la marque dès la 2e minute mais six minutes plus tard, c'était 2-1 pour Marseille qui, à la mi-temps, était qualifié grâce à une troisième rose de Thauvin. C'était sans compter sur le jusqu'auboutisme allemand. 

Le marquoir passa à 3-2 et Leipzig était à nouveau en demi quand Dimitri Payet se lança dans un raid somptueux, ponctué d'un magnifique tir de l'extérieur du pied dans la lucarne du but teuton. Le Français avait déjà marqué un but merveilleux en première mi-temps mais il se l'était vu refuser pour... une faute ridicule de son coéquipier Mitroglu. Les Allemands ne furent pas loin d'inscrire le 4-3 à la 89e mais deux minutes tard, le Japonais Sakai, sur un contre meurtrier, allait faire 5-2 dans une ambiance indescriptible.

Pendant ce temps, Salzbourg enchantait ses supporters autrichiens en infligeant un 4-1 bien serré à la Lazio de Rome qui croyait avoir fait l'essentiel en gagnant 4-2 le match aller. 
Bref, on a vécu une semaine de folie comme on aimerait en connaître davantage dans deux compétitions, singulièrement la Ligue des champions, bien souvent très formatées et trop prévisibles.