Franck Ribéry sous l’aile de Zinédine Zidane

AP Publié le - Mis à jour le

Football

Franck Ribéry et sa gueule cassée sont en train de marquer l’équipe de France de football d’une trace indélébile.

Son égalisation face à l’Espagne en huitième de finale a lancé la grande aventure des Bleus dans le Mondial 2006 où ils ont terrassé les champions du monde brésiliens annoncés intouchables au tour suivant.

Passé en deux ans du National (Stade Brestois) à une demi-finale de Coupe du monde face au Portugal mercredi à Munich, le milieu de terrain de 23 ans est devenu en huit sélections un titulaire indiscutable.

A tel point que Zinédine Zidane, Marseillais de naissance, a pris sous son aile ce Marseillais d’adoption. Le Kabyle de 34 ans, à deux matches de la retraite, entend transmettre son savoir à "Bilal", le turbulent gamin de Boulogne-sur-Mer pétri de talent et de foi musulmane.

"Zizou me dit de gérer mes efforts, de ne pas faire que des sprints, d’alterner", a révélé lundi Franck Ribéry, surnommé "Ferraribéry" lors de son passage dans le club turc de Galatasaray.

"J’ai un tempérament pour aller vers l’avant, pas à gérer mes efforts. Je fais dix sprints s’il le faut. Des fois c’est bien de se calmer. Zizou me répète toujours ce genre de chose".

Dauphin et même peut-être déjà héritier de Zidane, Ribéry avoue franchir quatre à quatre les marches de la célébrité sans se poser de questions, ni même s’inquiéter de sa récente mais énorme popularité.

"Si je commence à cogiter, ce n’est pas moi. J’ai toujours eu l’habitude de ne pas avoir peur", dit-il. A l’âge de deux ans, il avait été vacciné à tout jamais contre les aléas de la vie, quand il était passé tête la première à travers le pare-brise de la voiture de son père lors d’un accident.

La cicatrice l’a endurci. Renvoyé du centre de formation de Lille, amateur à Boulogne-sur-Mer en 2001 puis à Alès et Brest, resté une saison à Metz pour sa découverte de la Ligue 1, une autre à Galatasaray et une dernière à l’Olympique de Marseille qu’il pourrait quitter pour l’Olympique Lyonnais, quintuple champion de France, Ribéry a eu un parcours météorique.

Il n’en revient pas lui-même.

"En 1998, j’avais 15 ans pour le titre mondial des Bleus et j’avais envie de faire la fête. Je criais "Allez la France!, et j’étais trop jeune pour penser pouvoir un jour gagner la Coupe du monde", avoue-t-il.

Jouer aux côtés de Zidane reste un rêve pour Franck Ribéry, marié à Wahiba et père d’une petite Hysia, qui a toujours puisé sa force au contact de sa famille.

"C’est impressionnant de jouer à côté de Zidane. Ce n’est pas comme devant la télé, assis dans son fauteuil. Il est énorme. Tous les joueurs du monde veulent jouer à côté de lui", dit-il.

"J’ai toujours travaillé, cru en moi avec l’aide de ma famille", reprend ce fils de terrassier. "C’est vrai que depuis que je suis passé professionnel, beaucoup de choses sont allées vite pour moi." Appelé par Raymond Domenech dans le groupe des 23 pour l’Allemagne sans avoir été sélectionné auparavant, Ribéry a fait son trou en un tournemain. Après sa première sélection face au Mexique le 27 mai au Stade de France, le jour de la 100e cape de Zidane, il est à nouveau entré comme remplaçant face au Danemark et à la Chine, autres matches amicaux.

En Allemagne, il a obtenu sa première titularisation face à la Suisse pour le match d’ouverture des Bleus. Il a joué contre la Corée, le Togo. Avant d’éclater en huitième de finale.

"Marquer contre l’Espagne m’a donné plus confiance", dit-il de son premier but en bleu.

"Il (Ribéry) marquera les esprits à chaque fois qu’il sera sur un terrain. Il deviendra quelqu’un d’important dans le football", avait déclaré Zinédine Zidane, à Stuttgart à la veille de France-Suisse. "Il ne calcule pas, il est fort, et il apporte sa joie de vivre. Il peut faire plus que du bien à l’équipe de France." Ribéry confirme: "Ils m’ont mis en confiance, je rigole toujours, je chambre, je vis c’est ma force. Je ne reste pas dans ma chambre".

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