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C'est comme s'il jouait un match à domicile, dans la Campine anversoise. La famille Vandenbergh est originaire de Ramsel, à une dizaine de kilomètres de Tielen, où les Diables préparent le match contre la Bosnie. Jusqu'à ce jour, le héros de la famille reste le papa Erwin, pas encore le fils Kevin.

Qui dit Erwin Vandenbergh, dit l'homme aux 225 buts en D 1. Mais aussi le meilleur buteur européen de 1980 avec 39 buts. Et surtout l'auteur du 0-1 contre l'Argentine lors de la Coupe du Monde de 1982. «Comparé à mon papa, je ne suis encore rien du tout, admet Kevin. Je ne fête que ma deuxième sélection en équipe nationale. Et je ne marquerai jamais 39 buts en une saison. J'aimerais quand même devenir meilleur buteur cette saison.»

A l'âge de son fils - 21 ans et 10 mois - Erwin Vandenbergh totalisait 8 sélections et un but. «C'est vrai? Je pensais que mon papa avait été sélectionné la première fois à ses 21 ans! J'en compte donc six de moins que lui, mais je n'en fais pas une compétition. Ah, ces comparaisons... Elles ne me dérangent pas, je m'y suis habitué. Mais elles ne me facilitent pas la tâche. Un joueur de père inconnu joue avec beaucoup moins de pression que moi. Le fait d'être le fils d'Erwin m'a plus désavantagé qu'aidé. Mon papa est le plus exigeant de tous. Après un match, il n'évoque que le négatif. À l'entendre, je n'ai pas encore joué beaucoup de bons matches.» Nous avons demandé au père lui-même quels sont les points communs et différences entre père et fils: «Il est un attaquant de pointe, comme moi. Il est très fort dans les duels homme contre homme, plus fort que moi. Il tourne facilement dans le petit espace. Moi, je préférais le jeu en un temps. On est tous les deux de véritables buteurs mais il doit encore travailler considérablement son jeu de tête.»

Autre similarité: ils ont tous les deux travaillé avec René Vandereycken. «J'ai joué avec Vandereycken à Anderlecht et en équipe nationale, se rappelle Erwin. Et c'est grâce à René que je suis devenu meilleur buteur à La Gantoise, après mon aventure à Lille.»

Kevin n'a pas que de bons souvenirs avec Vandereycken. Ainsi, contre le Germinal Beerschot, Kevin ne faisait même pas partie du noyau. «J'étais très déçu, mais ce n'est pas pour cela que je trouve que René est un mauvais entraîneur. J'ai connu une période très difficile, cela m'a endurci. Je dois remercier Dimitri De Condé, qui m'a beaucoup aidé. Mon papa me disait que je faisais du surplace. Depuis la trêve, on ne me reconnaît plus. Je suis en confiance, je joue, je marque.»

«Plus mûr que mon père»

Quand Kevin évoque la période de son papa à Gand, il se met à rigoler. «J'avais sept ans, comme le fils de Vandereycken. Nous étions toujours ensemble dans les tribunes pendant les matches. Parfois, à l'entraînement de l'équipe A, nous pouvions frapper quelques ballons ou jouer un petit match avec les grands en fin de séance. C'est rigolo: huit ans plus tard, je débutais en équipe première de Westerlo aux côtés de Rudi Janssens, Frank Dauwen et Krist Porte. Ces joueurs avaient encore joué avec mon papa à Gand. J'étais plus mûr que mon père, je suis devenu adulte très jeune. Pas de problème: c'était mon rêve de devenir joueur pro.»

Samedi, c'est le jour J pour les Diables. Le meilleur buteur du moment, ne doit-il pas exiger une place de titulaire? «Il faut être réaliste, dit Kevin. Ce n'est que ma deuxième sélection, je serais déjà content de rentrer au jeu, ce serait ma première cap. À l'entraînement, j'observe bien la manière dont Emile court, pour le cas où je devrais jouer à côté de lui.»

© Les Sports 2005