Football

Hier, son téléphone a brûlé tant on l'a appelé. Jacky Munaron, entraîneur des gardiens en équipe nationale et à Anderlecht, a dû décliner à toutes les sauces le malaise actuel des gardiens de but en Belgique. «N'exagérons pas non plus. C'était aussi un cas exceptionnel d'avoir les deux premiers gardiens blessés en même temps, estime-t-il. Entre Vandendriessche et Van Der Straeten, l'écart est minime. Francky fait une bonne saison à Mouscron, malgré les errements de sa défense, et il faisait partie du groupe au Japon. Nous ne regrettons pas nos choix.»

N'empêche, derrière Herpoel, 28 ans, on ne voit pas une relève s'imposer clairement. Pendant longtemps, comme le disait Guy Thys ce week-end, on remplaçait un gardien par un autre les yeux fermés. Aujourd'hui, c'est le vide. «Avant, on disait qu'on n'avait pas d'attaquants mais qu'on produisait des gardiens et des défenseurs en béton! Je ne sais pas si c'est une question de générations. L'évolution du football a permis aux clubs de chercher des solutions à l'étranger, en jouant sur la sécurité et sans prendre le risque de faire jouer les jeunes.»

Et Munaron de constater que les solutions ne sont pas légion. «Lemmens joue à Santander mais j'ai vu qu'il n'est pas sûr de sa place pour l'an prochain et qu'il n'est pas exempt de tout reproche. Gaspercic ne joue plus, pas plus que Mardulier, Bourdon, Gillet ou Renard. Personnellement, j'estime que Gillet et Proto sont les espoirs les plus sérieux pour l'avenir, même si le seul moyen de bonifier leur talent, c'est de jouer, tant et plus, et de se créer une expérience.»

À Anderlecht non plus, Munaron ne voit pas venir la lumière. «Chez les jeunes, personne n'est encore prêt pour venir taquiner le noyau A. J'espère que Peersman pourra retrouver son meilleur niveau. Il a du talent et il est encore jeune. Mais il n'a plus joué depuis deux ans.»

© Les Sports 2003