Hazard a déjà conquis le coeur des Anglais

Benoit Delhauteur Publié le - Mis à jour le

Football

Demain, Chelsea affrontera Benfica à Amsterdam en finale de l’Europa League avec l’objectif d’enfin décrocher un trophée cette saison.

Ce serait un superbe dénouement pour Eden Hazard, qui a pleinement répondu aux attentes pour sa première saison sous le maillot des Blues. Avant cette finale, nous avons rencontré le Diable Rouge à Cobham, dans le somptueux centre d’entraînement de Chelsea, situé à une trentaine de kilomètres du centre de Londres.

Comme à son habitude, il était très détendu et ne semblait nullement atteint par quelconque forme de pression ou par le feuilleton autour de sa blessure (voir par ailleurs). Eden Hazard comme on le connaît avant un grand rendez-vous : affûté mais détendu

Eden Hazard, vous avez débarqué l’été dernier à Chelsea, avec pas mal de pression sur vos épaules. Etes-vous satisfait de votre saison ?

Oui, je suis content. J’ai très bien débuté, j’ai ensuite eu un petit coup de moins bien mais je me suis bien repris. Depuis quelques mois, je marque, je fais marquer et je m’éclate avec l’équipe. Le bémol, ce sont les résultats collectifs. On gagnera plus de trophées l’an prochain

Avec le recul, êtes-vous toujours convaincu d’avoir fait le bon choix en signant ici ?

Oui, je ne regrette rien. Je me suis amélioré dans beaucoup de domaines. Chaque semaine, j’ai joué un ou deux matches très intenses : cela m’a fait beaucoup avancer. Mon plus grand progrès n’est pas d’ordre physique mais concerne ma régularité. Cette saison, j’ai fait très peu de mauvais matches. Je suis aussi plus constant au sein d’un même match, j’ai moins de trous. Bref, je suis devenu plus mature. C’est aussi lié au fait que je joue tous les jours avec des gars comme Terry, Lampard, Cole ou Mata. Ce sont des joueurs extraordinaires qui me permettent de grandir. Même Petr Cech m’a appris des choses : comment bien plonger ! (Rires)

Quelle est la différence majeure par rapport au championnat de France ?

En Ligue 1, on pouvait se permettre de lever un peu le pied. Ici, chaque rencontre t’oblige à jouer à 300 % tant l’intensité est haute. Si tu lâches pendant 5 minutes, tu prends un but.

Cela vous oblige donc à défendre, parfois très bas…

J’y suis obligé, sinon je me fais engueuler (Rires). Tout le monde sait que je ne suis pas le meilleur défenseur du monde mais si on peut aider, on ne va pas se gêner.

Comment était-ce de travailler sous les ordres du très décrié Rafael Benitez ?

C’est un entraîneur qui parle beaucoup et qui joue sur les faiblesses de l’équipe adverse. Il y a donc beaucoup de travail tactique. A Lille, Rudi Garcia était un peu dans le même style. La méthode Benitez n’était donc pas une surprise pour moi, car je la connaissais déjà.

Chelsea aura un nouveau coach la saison prochaine. Ça changera quoi pour vous ?

Peu importe. Moi, je pense surtout à ma fin de saison et après je pourrai prendre des vacances bien méritées.

N’avez-vous pas une préférence pour José Mourinho, qui est cité ?

Si bien sûr ! Mourinho, c’est tout simplement le meilleur entraîneur du monde. A Chelsea, il est presque un Dieu, les supporters le vénèrent et les joueurs l’adorent. J’aimerais qu’il signe mais si c’est quelqu’un d’autre, on fera avec cette autre personne.

Et la vie à Londres avec votre épouse et vos deux enfants, comment ça se passe pour vous ?

Il fait frais, mais à part ça, tout va bien ! Je me sens comme à la maison. L’anglais ? Disons que je me fais comprendre (Rires)

Chelsea va disputer sa troisième finale de sa saison. Contrairement à la saison dernière contre le Bayern en C1, la pression sera sur les Blues...

Ça sera l’un des plus gros matches de notre saison, contre une très belle équipe de Benfica. On a tous conscience de l’importance de l’enjeu.

Ce sera surtout l’occasion de sauver votre saison…

C’est vrai, oui. Je suis venu à Chelsea pour gagner des trophées. Malheureusement, on a vraiment manqué de réussite (NdlR : Chelsea a perdu le Community Shield, la Supercoupe d’Europe, la finale du Championnat du Monde des clubs et la demi-finale de Cup). Cette fois, c’est la dernière chance. On doit ramener ce trophée à Londres.

Est-ce plus important que votre troisième place en championnat?

Non. Dans un club comme Chelsea, on n’a pas le droit de laisser tomber l’un ou l’autre objectif. On se doit d’être compétitifs partout. Gagner l’Europa League et finir 5e, ça nous ferait une belle jambe La Ligue des Champions est capitale pour le club.

Kompany avait affirmé que le vainqueur de l’Europa League devrait être qualifié pour les poules de C1...?

Vincent n’a pas tort. Ce serait positif et quelque part assez logique : dans les compétitions nationales, un vainqueur de Coupe reçoit une qualification en cadeau. Mais ce n’est pas à nous, joueurs, de décider.

Si vous êtes rétabli à temps, serez-vous plus stressé que d’habitude vu l’enjeu?

Il y aura plus de stress. Mais aussi plus d’envie. A nous de bien gérer nos émotions.

Quelles sont les clés de cette finale?

On connaît bien ce championnat portugais, très technique, et Benfica est tout à fait dans ce registre-là. Je n’ai même pas eu besoin d’appeler Axel (Witsel) pour me renseigner : on sait déjà tout sur cette équipe. Nos avantages seront notre puissance physique et notre expérience sur la scène européenne. Cela doit nous permettre de passer au-dessus. Je m’attends au même type de match que contre l’Atletico Madrid en août dernier, perdu 4-1. A nous de ne pas commettre les mêmes erreurs. On savait très bien à l’époque le danger que représentait Falcao et on ne l’avait pas bien maîtrisé, il avait inscrit trois buts.

Benoit Delhauteur

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