Football

On vous le concède, sur un strict plan mathématique, la courte défaite concédée à Zenica n'écarte pas encore la Belgique de la qualification pour la Coupe du Monde 2006. Ce ne sera d'ailleurs toujours pas le cas mercredi sauf si, bien sûr, les Diables venaient à s'incliner, sur la pelouse du GBA, face au modeste St-Marin, un cas de figure qui, restons réaliste, paraît quand même fort improbable. Sinon, toujours sur un plan mathématique, la porte de la... première place du groupe se fermera devant les Belges si, ce même mercredi soir, la Serbie va s'imposer en Espagne. En clair, cela signifie que la Belgique peut donc encore s'accrocher au fil, très fragile, qui mène à la place de barragiste. Mais restons lucide, une telle issue supposerait tant d'inepties sportives que nous croyons préférable de tracer une grande croix sur la qualification de la Belgique pour ce Mondial, ce qui n'était plus arrivé depuis la Coupe du Monde... 1978! Le coup d'arrêt va donc tomber après six qualifications obtenues de rang, un exploit que seul le Brésil peut se vanter d'avoir réalisé. Mais avons- nous, soyons honnête, encore les moyens pour jouer dans la cour des grands? Quand, en nonante minutes, face à un rival aussi modeste que la Bosnie, on ne parvient pas à se créer une seule occasion alors que ce match il fallait absolument le gagner, on a tout dit à défaut d'avoir tout... vu! Non, surtout balancée comme elle l'était samedi, cette équipe n'a pas sa place dans une phase finale d'un Mondial. Car derrière un gardien qui a confirmé son énorme potentiel, derrière une défense très jeune qui ne peut donc que s'améliorer, que nous reste-t-il? Rien que des joueurs très moyens sur le plan technique et créatif, si l'on excepte Mbo Mpenza qui, lui, doit en avoir plus que marre de jouer au kamikaze sur le front de l'attaque! Mais pour le servir de manière percutante comme c'est le cas à Anderlecht, il n'y a pas de Zetterberg. Pas plus qu'il n'y a un Conceição pour galvaniser ses équipiers. C'est là, pour nous, où le football belge est le plus atteint. L'époque dorée des Van Himst, Van Moer, Gerets, Scifo et autre Ceulemans est bel et bien révolue. Pire encore, on ne retrouve même plus dans cette formation un élément porteur comme l'était Marc Wilmots, un vrai patron d'équipe capable de pousser ses équipiers à l'exploit comme ce fut le cas pour la dernière Coupe du Monde en date. Et ce Wilmots, justement, présente le profil idéal dressé pour désigner le successeur potentiel d'un Aimé Anthuenis qui, pour nous, a fait le tour de la question et doit donc s'en aller vite. Il faudrait même qu'il parte dès mercredi soir, ce qui laisserait à son remplaçant le temps de préparer le match du 8 octobre face à l'Espagne, un match que les Diables ne disputeront sans doute plus que pour le... prestige.

© La Libre Belgique 2005