Football

SÉOUL Les Allemands n'ont pas d'état d'âme, c'est bien connu. Ils ne sont pas superstitieux non plus. La preuve, ils viennent d'emménager, ce matin, dans l'hôtel Sheraton Walker Hill de Séoul, là même où les Français ont logé pendant leur - court - séjour en Corée... C'est là qu'ils prépareront la demi-finale historique de mardi, la première des hommes de Guus Hiddink, la onzième de la Mannschaft.

L'équipe allemande est-elle prête pour ce rendez-vous? Dans les chiffres, c'est incontestable. L'Allemagne, dont l'objectif avoué avant le Mondial était d'atteindre les huitièmes de finale, a dominé son groupe sans trop de problèmes (mis à part contre l'Irlande) et a traversé le deuxième tour sans briller mais sans faiblir: deux victoires par le plus petit écart contre le Paraguay et les Etats-Unis. S'ils s'imposent mercredi, les hommes de Rudi Völler seront en finale de la Coupe du Monde sans avoir battu un ténor du football mondial. Mais l'ancien attaquant n'en a cure, pas plus que des critiques qui s'abattent sur sa formation, dont le grand Franz Beckenbauer disait encore récemment qu'elle développait une jeu d'une rare pauvreté. `Nous n'avons besoin de personne pour faire notre autocritique´, répond Rudi Völer. Quant à Michael Ballack, probablement le meilleur joueur d'Europe cette saison avec Leverkusen et bientôt sociétaire du Bayern de Munich, il préfère tout gagner sans bien jouer plutôt que d'échouer partout en soignant le spectacle, comme il l'a fait avec son club, en championnat, en Coupe d'Allemagne et en Ligue des Champions.

Bref, dire qu'on assistera à une opposition de styles, après-demain, est un doux euphémisme. Les Allemands résisteront-ils mieux à la fougue coréenne que les Portugais, Polonais, Italiens et Espagnols? Rudi Völler en est convaincu, lui qui était réserviste lors du précédent affrontement entre les deux nations lors de la World Cup américaine, en 1994 (victoire 3-2 de l'Allemagne). Il est certain que les Allemands se sont beaucoup moins fatigués que leurs hôtes, qui disposent d'un jour de moins de récupération et qui ont joué cinquante-sept minutes de plus. Et à un autre rythme.

© Les Sports 2002