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“La saison passée, on avait affronté le Standard quatre fois avec Anderlecht. On avait gagné 5-0, 3-0 et 1-2”, lance d’emblée Milan Jovanovic en oubliant de citer le 0-0 à Sclessin. Une manière pour lui de souligner l’importance que l’attaquant serbe avait chez des Rouches qui peinent actuellement en championnat. Nos collègues de La Dernière Heure l'ont rencontré.

Comment expliquez-vous que le Standard ne soit que douzième avant le Clasico ?

“Depuis le départ de Lucien D’Onofrio, le Standard n’est plus le même club. Et ce n’est pas possible de rester le même après le départ d’une telle personnalité. Lucien a construit ce club en pensant à chaque fois à l’avenir. Ici, le Standard a dû acheter une toute nouvelle équipe et c’est impossible de conserver le même niveau en prenant des joueurs de moindre calibre.”

Vous parlez aussi du Standard de la saison actuelle ?

“Je n’ai pas encore affronté l’équipe version 2012-2013, mais l’an dernier j’ai vraiment senti que le Standard avait besoin de Lucien D’Onofrio. Il connaît le football. Il a largement contribué à tous les succès du club. Il a aussi construit un des plus beaux centres d’entraînement d’Europe. Tout cela avec un budget réduit. Maintenant, il ne faut pas oublier qu’il a pris du temps pour mettre cela en place. Quand Lucien est arrivé, il a mis du temps pour construire.”

En cas de victoire anderlechtoise dimanche, Ron Jans perdrait sans doute son job.

“Il faut du temps pour construire un groupe et obtenir des résultats. Les yeux fermés, je sais dire où se trouve Dieumerci Mbokani sur un terrain de foot. On a joué cinq ans ensemble et j’ai eu le temps de comprendre ses mouvements et la manière dont il aime recevoir le ballon. Le talent sans le temps, ce n’est rien. Il ne faut pas non plus sous-estimer l’atmosphère qui règne au Standard. C’est un club spécial avec des supporters bouillants où il n’est pas simple de jouer.”

Est-ce plus simple à Anderlecht ?

“Il y a moins de pression. Ou, en tout cas, une pression différente. À Anderlecht, l’organisation interne est à un niveau plus élevé. On sent toute la tradition autour de ce club.”

Avez-vous encore des contacts avec des gens du Standard ?

“Pas avec les joueurs. Tous ceux avec qui je gardais des contacts sont partis. Je connais encore le docteur et les kinés. Avec Lucien D’Onofrio et mes anciens entraîneurs là-bas, j’ai par contre encore une bonne relation.”

Même si on ne vous a jamais offert un véritable adieu à Sclessin lors de votre transfert à Liverpool ?

“Cette saison-là, le Standard jouait mal, on avait fini en dehors du Top 6 et les supporters n’étaient pas très heureux... Je n’en parle jamais avec Lucien. Ce n’est pas un problème de n’avoir jamais reçu la chance de faire mes adieux. Cela n’a jamais influencé notre relation. Il m’a proposé de rejoindre l’AC Milan, mais j’avais opté pour Liverpool. Pareil lors de l’été 2011. Il voulait me mettre dans un grand club portugais, mais j’ai préféré rejoindre Anderlecht. Malgré tout cela, on est toujours de bons amis.”