Football

L'arbitre Tony Chapron, au coeur de la tourmente pour avoir taclé un joueur le 14 janvier lors de Nantes-PSG, a été sanctionné de trois mois de suspension ferme, plus trois mois avec sursis, a annoncé la Ligue de football professionnel (LFP) jeudi soir.

La sanction est lourde mais permet tout de même à l'arbitre de 45 ans d'envisager un retour en Ligue 1, avant sa retraite sportive, prévue en fin de saison.

Il pourra ainsi tenter de faire oublier son geste malheureux, survenu le 14 janvier, et qui avait fait la Une de la presse sportive européenne et suscité l'emballement sur les réseaux sociaux.

Resté près de deux heures au siège parisien de la LFP, de 19h25 à 21h15, Tony Chapron n'avait pas souhaité faire de commentaire en attendant le verdict. C'est son avocat, Me Samuel Chevret, qui avait pris la parole, pour saluer la "sérénité" de la discussion avec la commission.

"Les débats se sont déroulés de manière sereine, ce qui contraste avec l'emballement, voire le lynchage médiatique (autour de cette affaire). M. Chapron a confirmé la version donnée depuis le début, à savoir un mauvais réflexe", avait-il expliqué.

Dans le milieu du foot, c'est peu dire que le geste de Chapron avait fait réagir. "Je sais que c'est très difficile d'arbitrer, mais il faut qu'il se remette en question de temps en temps parce que si nous on fait ça, on prend dix matches" de suspension, avait lâché le milieu de terrain nantais Valentin Rongier, interrogé sur Canal+ juste après la rencontre.

"Minimum trois matches!"

Même le champion du monde espagnol Iker Casillas y était allé de son tweet: "Pour moi, c'est agression et rouge. Minimum trois matches!". "C'est un geste lunaire. Je n'avais jamais vu ça", avait concédé l'ancien arbitre Bruno Derrien, en souhaitant tout de même à son collègue de retrouver la Ligue 1, pour tourner la page.

Dans le football français, plusieurs entraîneurs ou dirigeants avaient toutefois pris sa défense, jusqu'au président de la Fédération Noël Le Graët: "C'est quelqu'un qui a rempli une belle mission. Il fait une petite faute, qu'il reconnaît évidemment. Il n'y a pas de quoi non plus l'assassiner à ce point, c'est quelqu'un de très respectable.

Les faits remontent au 14 janvier, dans les dernières secondes du match Nantes-PSG (0-1), comptant pour la 20e journée. M. Chapron se rend coupable d'un croche-patte sur le Nantais Diego Carlos qui l'avait involontairement fait tomber. Dans la foulée, l'arbitre sort un deuxième carton jaune contre le défenseur, synonyme d'exclusion.

Le lendemain, l'arbitre est suspendu jusqu'à nouvel ordre par la direction technique de l'arbitrage et présente "ses excuses" au joueur, en évoquant un "geste maladroit" et "inapproprié", tandis que le carton rouge est annulé.

Son tacle a été détourné à l'envi sur les réseaux sociaux, parfois accompagné du mot clé "Chapron rouge" ou comparé au film "Shaolin soccer", qui mêle football et arts martiaux.

Les précédents sont rarissimes. En 2015, l'arbitre alsacien Philippe Kalt avait été privé de la finale de la Coupe de la Ligue, pour avoir violemment repoussé du coude un joueur lensois, Adamo Coulibaly. Mais il avait pu faire son retour sur les terrains pour trois dernières rencontres de Ligue 2 et de Ligue 1.