L'Atletico, sorti de l’ombre du Real Madrid

(AFP) Publié le - Mis à jour le

Football

La presse espagnole saluait hier d’un grand "Campeones" la victoire de l’Atletico Madrid en finale de l’Europa League, qui met fin à 48 ans de disette européenne pour les fidèles supporters du club populaire de la capitale, souvent résignés à assister aux triomphes du Real.

Les deux buts de l’attaquant uruguayen Diego Forlan devant Fulham (2-1), célébrés toute la nuit à Madrid aux cris de "U-Ru-Guayo !" (Uruguayen), ont effacé des années de moqueries pour les supporters "colchoneros", qui n’avaient plus célébré un titre depuis quatorze ans (doublé Liga-Coupe d’Espagne). "Cela servira de réconfort aux enfants qui arrivaient le lundi au collège la tête basse, aux travailleurs qui ne voulaient même pas regarder le journal au bar, au milieu des commentaires moqueurs. Eux, les anonymes, ceux qui souffrent chaque jour, sont ceux qui méritaient le plus une satisfaction comme celle d’hier", écrivait le quotidien sportif catalan "Mundo Deportivo".

Le fatalisme était tel pour les supporters de l’Atletico Madrid, souvent issus des quartiers populaires de la capitale, que le club avait misé sur l’autodérision lors de sa campagne d’abonnement 2001-2002. "Papa, pourquoi sommes-nous de l’Atleti ?" demandait un petit garçon à son père, qui ne trouvait pas de réponse. Jeudi, un énorme titre barrait toute la première page du quotidien sportif "Marca" : "Papa, maintenant je sais pourquoi nous sommes de l’Atleti".

L’Atletico Madrid a donc remporté la première édition de l’Europa League, anciennement Coupe de l’UEFA, en battant en finale Fulham 2-1 à l’issue des prolongations, mercredi à Hambourg. Il succède aux Ukrainiens du Shakhtar Donetsk. L’Atletico a ouvert la marque à la 32e minute, avant que Fulham n’égalise à la 37e par Simon Davies. En prolongation, l’inévitable Diego Forlan, déjà auteur du premier but, a offert la victoire à son équipe à la 116e.

"On savait que cela allait être un match difficile, et cela a été vraiment difficile, confiait Forlan. Je pensais que nous allions réussir à faire la décision avant la fin du temps réglementaire. On n’a eu pas mal d’occasions en première période, mais ils ont vite égalisé et leur défense était très solide. J’ai juste fait mon boulot, marquer des buts pour un attaquant, c’est formidable, je prends beaucoup de plaisir dans cette équipe. Remporter le Soulier d’or la saison dernière, c’était bien, mais ce titre est encore plus fort, car c’est un titre qu’on partage avec toute une équipe."

L’autre club de Madrid est sorti de l’ombre de son riche et puissant voisin, le Real Madrid, au terme d’un parcours pour le moins cahotique, débuté en Ligue des champions, avant qu’il ne soit reversé en Europa League où il a notamment éliminé Valence et Liverpool grâce aux buts marqués à l’extérieur.

Le palmarès de Fulham, propriété de l’homme d’affaires égyptien Mohamed Al-Fayed, reste vierge malgré une belle finale et une campagne où il a écarté de sa route des grands noms du football européen comme le tenant du titre Shakhtar Donetsk, la Juventus Turin et Hambourg, le tombeur d’Anderlecht et du Standard en 1/8e et 1/4 de finale.

(AFP)