Football

Le paysage audiovisuel sportif a été bousculé par différents événements depuis le début du mois d'octobre.

1 A Monaco, un vent de pessimisme a soufflé au Sportel. Les droits que les chaînes de télévision payent pour diffuser les images du sport devraient fortement diminuer pour les trois ou quatre années à venir. La Fifa a reconnu qu'il y avait trop de foot sur le petit écran et a montré implicitement du doigt l'Uefa qui squatte la télévision avec ses rencontres interclubs et interpays. La Formule 1 va devoir faire de même car l'audience des Grands Prix est en baisse. Seul le CIO est zen puisque ses contrats courent jusqu'après les J.O. de Pékin, en 2008.

2 A Berlin, Robert Louis- Dreyfus a tiré le gros lot en rachetant KirchSport, qui possède entre autres les droits de la Coupe du monde de foot 2006 et du championnat d'Allemagne. La presse allemande estime le montant du rachat à 400 millions d'euros. Les liquidateurs de Kirch privilégiaient la piste allemande mais ont finalement fait confiance à l'industriel français qui avait remis sur pied Adidas entre 1993 et 2000.

3 A Paris, la Ligue pro française a lancé les appels d'offres aux chaînes concernant les droits du championnat de L 1 et L 2 ainsi que pour la Coupe de la Ligue et ce, pour la période 2004 - 2007. Pour la LNF, c'est primordial puisque la télé apporte aux clubs de L 1 plus de la moitié (51pc) de leurs rentrées financières. La Ligue a divisé l'offre en sept lots pour faire jouer la concurrence. On s'attend cependant à un arrêt de l'inflation du coût des droits (64 millions d'euros pour les deux matchs phares décalés par semaine en 1999-2000 et 251,5 en 2003-2004). Mais à la LNF, on reste optimiste car tant TF 1 que Canal + (50pc des abonnés ont une motivation foot) ne peuvent se passer du ballon rond.

4 A Luxembourg enfin, la Cour de justice a frappé sur les doigts de la Commission. Elle a en effet annulé le feu vert donné par le commissaire européen à la Concurrence à l'Eurovision dans le domaine sportif pour la période 2000 - 2005. La Commission estimait en effet que l'UER (Union européenne de radiodiffusion) pouvait jouir d'une exception concernant le principe anti-trust consacré par la législation européenne car elle `permettait un meilleur accès aux événements sportifs pour le grand public´. Suite à une plainte de chaînes privées (M 6, Antena 3, Telecinco, etc.), la Cour de justice a donné raison à celles-ci. L'Eurovision est sommée de revoir les modalités de cession des images à ces chaînes privées.

© Les Sports 2002