La Juventus confinée en division 2

FRÉDÉRIC HACOURT Publié le - Mis à jour le

Football

CORRESPONDANT PERMANENT À ROME

Le jugement dernier est arrivé. La cour d'appel de la fédération italienne de football (FIGC) a condamné le Juventus à la relégation en deuxième division avec 17 points de pénalité. Par contre, les rétrocessions imposées en première instance à la Fiorentina et la Lazio sont supprimées, tandis que le Milan AC reste en première division comme le voulaient les juges du premier procès. Seules les pénalisations de ces trois dernières équipes sont sensiblement revues à la hausse, alors que celle de la Juventus passe de 30 à 17 points. La Fiorentina et la Lazio sont, d'autre part, exclues de la Ligue des Champions.

Suite aux nombreuses pressions exercées sur l'organe disciplinaire de la FGCI, on s'attendait un peu à ces réductions de peines. Le verdict de première instance, sans précédent dans les annales de la justice sportive italienne, avait été estimé «disproportionné» et même «insensé».

Les quatre clubs cités sont au coeur d'un gros scandale de matches truqués durant les deux dernières saisons. Le tout-puissant Luciano Moggi, alors directeur général de la Vieille Dame turinoise, s'était assuré la complicité de divers arbitres pour orienter le résultat des rencontres en faveur de son équipe qui a conquis deux trophées qui lui sont aujourd'hui soustraits. Durant le procès en appel, les défenseurs de la Juventus qui en vain espérèrent une amnistie comme «prime» du succès national à Berlin, ont tenté de minimiser les faits, faisant noter que le dirigeant félon avait été licencié et en appelant à la clémence de la cour. L'exclusion de la Juventus du prochain championnat de D 1 et sa lourde pénalisation, argumentaient-ils, ne pouvaient que signifier la faillite du club fondé en 1897 et coté en Bourse.

Mi-figue mi-raisin

Pierro Sandulli, le président de la cour d'appel, s'est laissé convaincre à moitié. Il a, en outre, condamné Luciano Moggi à 5 ans de suspension, alors que Diego Della Valle (patron de la Fiorentina) écope de 3 ans et 9 mois, Adriano Galliani (Milan AC) de 9 mois, Claudio Lotito (Lazio) de 2 ans et 6 mois. Pour sa part, le Milan AC, propriété exclusive de Silvio Berlusconi, s'en sort plutôt bien. L'accusation demandait sa rétrocession en D 2 et son exclusion des compétitions européennes.

La sentence mi-figue mi-raisin de la FIGC ne remodèle que peu le tableau des championnats de D 1 et D 2 tandis que la Vieille Dame encaisse mal le coup même si la famille Agnelli, qui en détient l'écusson, affirme ne pas vouloir s'en débarrasser. Contraint à une remontée presque impossible, le club risque de perdre quelque 80 millions d'euros en droit de reproduction télévisée et 40 millions en sponsoring. Sans compter avec la diaspora de ses meilleurs joueurs: seul Buffon résiste à la tentation de la fuite en avant.

La FIGC n'en reste pas là: elle vient de renvoyer en jugement la Reggina, accusée elle aussi d'avoir profité du «système Moggi». Elle enquête aussi sur 71 clubs, toutes divisions confondues, soupçonnés d'avoir maquillé leurs bilans.

© Les Sports 2006

FRÉDÉRIC HACOURT

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