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ENVOYÉ SPÉCIAL EN TURQUIE THOMAS BUSIAU

ARCADYA Sur les bords de la Riviera turque, nous avons retrouvé Onder Turaci qui défiait La Louvière avec Fernerbahçe (leader du championnat turc avec quatorze victoires, trois nuls et zéro défaite). Le Belgo-Turc était presque tout surpris de nous voir là, lui qui apprit en... arrivant au complexe que l'adversaire du jour était l'équipe qui l'avait révélé au football belge.

«La Raal, c'est vraiment le début de ma carrière», confia-t-il.

Quant à Fred Tilmant, le seul encore au Tivoli à l'avoir côtoyé dans le Centre, il était aussi étonné que nous de la métamorphose physique du défenseur de 24 ans.

«J'ai pris dix kilos depuis mon arrivée à l'été 2004. Du poids et du muscle», sourit-il l'air bien moins timide qu'auparavant.

Qui aurait misé sur une telle trajectoire lorsqu'il transita, en prêt, par Visé, puis La Louvière pour s'aguerrir?

Chez les Loups, il disputa 49 rencontres en deux saisons. Rappelé par le Standard, il jouera 64 matches de championnat, essentiellement à l'arrière droit, inscrivit trois buts et tapa dans l'oeil de Fenerbahçe qui venait d'être sacré pour la quinzième fois. En émigrant dans son pays d'origine, il retrouva sa place préférée, défenseur central, et fut élevé au grade de star et d'incontournable. Avec le gardien Volkan et le capitaine Ümit, il est le seul à n'avoir manqué aucune seconde de jeu (soit 1.530 minutes jouées) en championnat alors qu'il disputa 27 rencontres l'an passé dont 22 comme titulaire.

«J'ai également disputé l'intégralité des six rencontres de Champions' League (NdlR: Fenerbahçe termina 3e d'un groupe comprenant Schalke 04, le PSV et l'AC Milan) et deux matches en Coupe de l'Uefa (NdlR: avec élimination au bout du parcours) contre Saragosse, précise le numéro 19. Ici, le football est un autre monde, un vrai truc de ouf ! Après un mois ou deux d'adaptation, tout a roulé. Mes dirigeants veulent que je prolonge jusqu'en 2010 (NdlR: son contrat prend fin en 2008) tant ils se réjouissent de mes performances.»

De quoi donner des regrets à ceux qui le snobèrent et qui, de ce fait, le jetèrent vers l'équipe nationale turque plutôt que celle des Diables Rouges alors qu'il avait évolué à douze reprises avec les espoirs de notre pays: «En Belgique, on disait toujours pour le poste d'arriè- re droit que c'était Turaci ou X. Au moment de la sélection, c'était toujours X. Le pompon, c'est lorsque Vanden Borre a été repris alors qu'il n'avait que quelques matches de D 1. J'ai compris qu'on ne comptait pas sur moi.»

Cependant, ce n'est pas toujours rose en Turquie non plus, mais pour d'autres raisons: «J'avais été sélectionné pour une série de matches amicaux durant l'été 2004. J'ai joué contre la Biélorussie. Après, on m'a appris qu'une nouvelle loi, sortie en janvier 2004, stipulait qu'on devait choisir avant ses 21 ans. Or j'avais opté pour la Turquie à 23 ans. Depuis lors, je suis dans l'attente. En Turquie, il n'y a pas beaucoup de stoppeurs et le sélectionneur est impatient de compter sur mes services. J'espère que le problème sera rapidement résolu.»

Et Onder Turaci de tourner un oeil vers la Belgique où le leadership occupé par le Standard ne le laisse pas indifférent: «Ici, on éprouve des difficultés à suivre le championnat belge mais je souhaite à mes anciens équipiers d'être champions. Parfois, je reviens deux ou trois jours en Belgique lorsque j'ai congé et pendant les fêtes. Et mes pas me dirigent toujours vers Liège.»

à la Raal. (BUSIAU)

© Les Sports 2006