La pauvreté belge?

Christian Simonart Publié le - Mis à jour le

Football Le football belge est-il en froid avec son homologue africain? À la vue du nombre de... Belgicains actuellement présents en Egypte pour les besoins de la Coupe d'Afrique des Nations la question mérite d'être posée... Autrefois terre d'accueille privilégiée pour les joueurs issus du continent africain, la Belgique n'est plus aujourd'hui l'étape obligatoire pour ceux qui rêvent d'une carrière florissante en Europe.

Mais, si les joueurs sont moins nombreux, que dire alors de la qualitésinon qu'elle s'est appauvrie au fil des saisons. Avec le départ d'Aruna Dindane pour Lens, le championnat de Belgique a sans doute perdu son dernier Africain capable de rehausser à la fois le niveau de son club mais aussi celui de son équipe nationale. «C'est la preuve de la pauvreté de notre football, estime pour sa part Chris Benoît. Les clubs belges ne peuvent plus se payer le luxe de posséder un joueur qui s'en va disputer la CAN car cela implique de lui trouver un remplaçant.»

Le manager sportif de La Louvière connaît bien le football africain pour s'être occupé durant plusieurs années du recrutement et du scouting en Europe pour l'équipe nationale espoir de la République Démocratique du Congo, son pays d'origine. «La Belgique est toujours friande de joueurs africains mais cherche plutôt ceux qui ne participent pas à la CAN. La donne est évidemment différente dans les grands championnats étrangers où les clubs possèdent des noyaux plus importants. Tout est une question de budget...»

Sur la corde raide au niveau financier, la plupart des clubs belges réfléchissent donc aujourd'hui à deux fois au moment de recruter un élément africain. Les absences longues et répétées constituent un frein évident. «C'est au niveau de la FIFA que cela doit changer! Il faudrait accorder les calendriers afin que les clubs ne soient pas lésés. Organiser la CAN en fin de saison serait peut-être une solution. L'idéal serait de l'organiser tous les quatre ans, en même temps que l'Euro. Ce serait une bonne chose pour tout le monde, les clubs comme les joueurs qui pourraient quelque peu souffler.»

En cette année Coupe du Monde, cette idée prend tout son sens pour les clubs possédant Ivoiriens, Angolais, Ghanéens, Togolais ou autres Tunisiens. «Les joueurs de ces pays qui participent aux deux compétitions seront sur les rotules au mois de septembre. Ce n'est pas rentable, surtout pour les clubs belges...»

© Les Sports 2006

Christian Simonart

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