Football

Le classement de notre groupe qualificatif (!) fait peine à voir : sixième, derrière l'Arménie, alors qu'il s'agit d'une poule très faible, sans vrai caïd mais avec beaucoup de faire-valoir, c'est davantage que triste, c'est honteux.

Tout comme est honteux notre classement au ranking international. Nous sommes, aujourd'hui, devancés par le Congo, Panama et l'Ouzbékistan. Nous le serons inévitablement, demain, par Trinité-et-Tobago et Oman.

Les chiffres nous prouvent que jamais, dans l'histoire de notre équipe nationale, la crise n'a pris une telle ampleur. Alors qu'une multitude de petits pays ont vu le jour, ce qui devrait, fort logiquement, faciliter un bon classement, c'est exactement l'inverse qui se produit.

Sur treize matches disputés sous l'égide de René Vandereycken, les Diables en ont gagné quatre face à des Poucet du football mondial : le Luxembourg, l'Arabie saoudite, l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Et la période précédente n'était guère plus encourageante puisqu'il faut remonter à quatre ans pour trouver une victoire significative des Belges : 1-0 contre la Croatie !

Patience avec Thys...

Ce n'est pas la première période de crise que connaît notre équipe nationale mais c'est, assurément, la pire. Comment se sont passées les autres ?

Quand, en 1977, Raymond Goethals passa le témoin à Guy Thys, tout était à reconstruire en équipe nationale. Pendant deux ans, ce fut la galère pour l'homme au cigare : deux victoires en treize matches ! Ils étaient nombreux à demander sa démission, bien que tous les adversaires fussent de valeur, mais l'Union belge le laissa terminer son oeuvre avec le succès que l'on sait : à partir de 1979, il ne connut plus que des succès, à commencer par cette place en finale de l'Euro 80 en Italie.

... impatience avec Meeuws...

Quand le même Thys céda le relais à Walter Meeuws, dix ans plus tard, la Belgique s'était habituée à jouer les premiers rôles et le public ne tolérait plus le moindre faux pas. Aussi Walter peut-il figurer dans le Guiness Book de l'injustice footballistique : il fut prié de prendre la porte après un bilan positif : deux victoires, trois nuls et une défaite en match amical à Athènes !

Après un retour aux affaires positif de Guy Thys, c'est Paul Van Himst qui prit en main les destinées des Diables. Avec un bilan globalement positif, notamment par l'excellente campagne de la World Cup américaine. L'après-Coupe du Monde fut plus mitigée mais très loin d'être catastrophique : 5 victoires, 3 nuls, 6 défaites. Ce fut néanmoins suffisant pour lui demander, avec les égards dus à son rang de meilleur joueur belge de l'histoire, de céder la place à son adjoint, Wilfried Van Moer.

Ce fut un cadeau empoisonné. On fut aussi injuste avec Kitchy qu'avec Meeuws : out après cinq matches, dont une défaite, deux victoires et deux nuls.

La Fédération fut infiniment plus patiente avec Georges Leekens : il ne fut prié de prendre la porte qu'après une série de deux victoires, six défaites et six nuls.

Aimé Anthuenis, lui aussi, bénéficia de la patience de ses patrons : il s'effaça après 5 victoires, 4 nuls et 8 défaites mais son départ se fit de manière assez soft : on lui permit de terminer la campagne de qualification pour l'Euro 2004 alors que les Diables étaient déjà éliminés. Comme René Vandereycken ?

Ce dernier a perdu du crédit en Finlande. Le président de la Fédération, François De Keersmaecker ne mâchait pas ses mots. "On peut difficilement dire que les joueurs ont joué pour leur entraîneur. C'était déplorable."