Football

C’est un nouveau pied de nez de la part de la Fifa et une nouvelle désillusion qu’a subie le Parlement européen. Alors qu’un débat qualifié d’historique devait avoir lieu entre les différents candidats à la présidence de la fédération de football ce mercredi à Bruxelles, on a appris 36 heures avant le début des hostilités que l’événement n’aurait pas lieu.

De désistement en désistement

Des cinq candidats à la présidence, seul le cheikh Salman du Bahreïn - favori selon les observateurs - devait manquer à l’appel. Organisé depuis le 1er octobre 2015 par une collaboration entre l’Intergroupe sport du Parlement européen et Newfifanow, un groupe de députés prônant l’éthique et la bonne gouvernance au sein de la Fifa, ce débat devait accueillir 180 journalistes et un panel de personnalités du monde sportif. "Ce qui annonçait cet événement comme historique, c’était le fait que tous les acteurs du monde du sport allaient être présents autour de la table de discussion", rappelle Emmanuel Foulon, porte-parole d’Intergroupe Sport.

Mais la semaine dernière Gianni Infantino annonce qu’il ne pourra pas se présenter. Il invoque alors un problème d’agenda. En contrepartie, il accepte quand même de débattre par vidéo-conférence. Un premier coup dur pour les organisateurs, qui sera suivi par un coup de grâce assené lundi après-midi à la suite du désistement du prince Ali de Jordanie.

Des pressions invoquées

Dans un courrier envoyé aux députés, le Prince invoque des pressions de la part d’un des deux candidats non-présent, qui menace de déposer plainte à la Commission chargée de l’élection de la Fifa pour "ingérence politique du Parlement européen". Un argument infondé pour Emmanuel Foulon : "On n’a pas compris l’argument car notre démarche n’était pas du tout politique, en ajoutant, que c’est une nouvelle occasion manquée pour la Fifa." "C’est un changement de tactique, analyse Ivo Belet, député européen et cofondateur de Newfifanow. Pour moi, ils se sont rendu compte de l’ampleur que prenait l’événement et ont eu peur de la transparence. Maintenant, c’est clair."

Mais qui a donc pu envoyer ces menaces ? Salman ou Infantino ? Ivo Belet a sa petite idée. "J’ai reçu un mail de la part d’une source qui m’a confirmé que c’était Infantino qui menaçait Ali. Mais je n’ai pas de confirmation à l’heure actuelle."

Un nouveau coup dur pour la transparence

En automne dernier, la Fifa en pleine tourmente avait finalement annulé sa venue la veille d’un débat organisé par l’Intergroupe Sport. Cette fois, ce sont les candidats chargés d’amener une nouvelle vie à une fédération blessée qui ont manqué à l’appel. "Il faudra une autre attitude pour restaurer la confiance entre citoyens, auteurs, sportifs d’un côté; et la Fifa de l’autre lance Emmanuel Foulon, mettant le doigt sur le fait que dans beaucoup d’organisations, les candidats doivent présenter un examen pour valider leur candidature, alors que ce n’est pas le cas à la Fifa."

Ivo Belet va plus loin et estime que "la réforme que souhaite la Fifa est impossible avec ces candidats-ci, qui proviennent de l’ancienne fédération, parlant d’un tout petit espoir qui a disparu à cause du manque de transparence occasionnée par ces derniers événements et déplorant les pratiques utilisées".

Finalement, les grands gagnants du débat qui n’aura pas eu lieu, ce sont les Sud-africain Tokyo Sexwale et Français Jérome Champagne… vainqueurs par KO.