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Anderlecht ne jouera pas seulement au football aujourd'hui au Parc Astrid mais aussi à la roue de la fortune. En effet, le club pourrait s'enrichir de 6 millions d'euros ou plus. Mais que dire des joueurs? Une qualification pour la phase finale de la Ligue des Champions signifierait que chaque joueur empoche automatiquement 52500€. La saison passée, la campagne avait rapporté 102000€ à chacun d'eux. Puisque le noyau est composé de 20 joueurs, le club devrait débourser 1,05 million d'euros à ses principaux employés.

Comment arrivons-nous à 52500€? La prime de qualification pour la Ligue des Champions est pourtant de 37500€? Oui, mais en Ligue des Champions, les primes sont déjà fixées aussi. Même pour une défaite, chaque joueur empochera 2500€. Cette somme sera multipliée par six matches ce qui fait donc 15000€. Ajoutés aux 37500€, nous obtenons 52500 euros. Un match nul en Ligue des Champions rapportera 10000€, une victoire 20000€.

Détail intéressant: ces montants sont l'objet d'une proposition faite par la direction aux joueurs, qui n'ont toujours pas signé le document. Mais les principaux intéressés se rendent compte qu'ils ne réussiront pas à obtenir plus.

Ces chiffres font rêver les anciennes vedettes du Sporting Bruxellois, qui ont gagné des mies de pain, même après avoir vécu des grandes campagnes européennes.

Georges Heylens (à l'occasion de la première finale perdue contre Arsenal): «Cette superbe campagne, clôturée par une défaite 3-0 à Arsenal, ne nous a rapporté que 4000€. A cette époque, nous étions payés comme des semi-professionnels. On avait tous un job en dehors du football. Moi, je tenais une boutique, Van Himst était représentant dans le café. Hanon, Lippens étaient employés, Jurion travaillait pour le président Roosens. Une saison complète nous rapportait de 40 à 50000€ brut. Pas mal, mais les sommes ont monté à partir de l'arrivée au Sporting de Rensenbrink.»

Peter Ressel (à l'occasion de la première finale remportée contre West Ham): «Avant cette finale que nous avons gagnée contre West Ham, le président Constant Vanden Stock nous avait promis 7500€. Qu'a rapporté l'ensemble de la campagne? Environ 15000€. C'est Rensenbrink qui réglait cela avec le président.»

Gilles Van Binst (vainqueur des deux premières coupes): «Mais vous ne croyez quand même pas que Rensenbrink en personne aurait joué pour 15000 €? Pour nous, le montant était fixé au début de la campagne. Nous n'avions pas grand-chose à dire. Mais nous ne nous plaignions pas. Nous avions davantage que nos confrères brugeois.»

Lorenzo Staelens (à l'occasion de la première Ligue des Champions) : «Elles étaient difficiles, ces premières négociations, mais nous avons trouvé une solution après trois visites auprès de Verschueren et de Vanden Stock. Nous savions que le club réaliserait une grosse affaire, nous voulions notre pourcentage. Et nous avons profité des montants que Bruges avait obtenus et vice-versa. (Rires) C'est utile dans des pourparlers pareils!»

© Les Sports 2004