La Russie accueillera le Mondial 2018!

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Football

Le Comité exécutif de la Fédération internationale de football (Fifa) a désigné jeudi à Zurich la Russie pour organiser le Mondial-2018, a annoncé le président de la Fifa Joseph Blatter. Les autres candidats étaient le duo Pays-Bas/Belgique, le duo Espagne-Portugal et l'Angleterre.

Le choix de la Russie est très politique, le pays ne présentant pas sur le papier des garanties très solides en terme d'infrastructures. Tout y est encore à construire: stades (seul le Luzhniki à Moscou est aux normes d'une phase finale), hôtels, réseau de transport.

La grande taille du pays constitue déjà en soi un défi logistique même si le dossier russe s'articule autour de treize villes regroupées en quatre pôles. Hormis Ekaterinbourg, toutes les villes sont situées dans la partie +européenne+ de la Russie.

Mais le soutien sans faille des autorités russes et du Premier ministre Vladimir Poutine ont dû rassurer les membres du CE de la Fifa. Le dirigeant russe avait déjà joué un rôle central dans l'obtention par Sotchi des JO d'hiver de 2014.

Pour M. Blatter, cette ouverture à l'est s'inscrit ainsi dans cette volonté de défricher de nouveaux territoires, après une première Coupe du monde en Asie (Japon-Corée du Sud en 2002) puis en Afrique (Afrique du Sud en 2010). La Fifa a indiqué que, contrairement aux années précédentes, elle ne donnerait le détail des votes.

Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a déclaré à des journalistes qu'il s'envolerait jeudi vers Zurich pour remercier la Fifa après la désignation de la Russie comme pays organisateur du Mondial-2018 de football, selon l'agence Interfax. "C'est un signe de confiance", a-t-il également décalré aux médias de son pays, jeudi après la désignation par la FIFA, à Zurich. "La Russie fera tout son possible pour une bonne compétition", selon Poutine.

La Russie s'est imposée lors du 2ème tour

La Russie aurait remporté la majorité des votes pour l'organisation de la Coupe du monde de 2018 lors du deuxième tour de scrutin organisé par la FIFA. C'est ce qu'a déclaré Michael van Praag, le président de la fédération néerlandaise de football, jeudi à Zurich, précisant que l'Angleterre avait été éliminée après le 1er tour. "Je ne vais pas faire de spéculations, mais il y a eu énormément de publications concernant les membres de la FIFA dans les médias (ndlr: anglais)", a-t-il expliqué, sans vouloir se prononcer sur la place exacte finale de la candidature des Pays-Bas et de la Belgique.

Le Qatar a misé sur la "qualité" et non "la quantité" La désignation du Qatar, petit pays arabe du Golfe, pour organiser le Mondial-2022 de football est une victoire de la "qualité" sur la "quantité", a dit jeudi le ministre d'Etat qatari des Affaires étrangères.

"C'est la première fois qu'un pays arabe, qu'un pays du Moyen-Orient (sera hôte d'un Mondial). Cela montre que nous faisons partie du monde et pouvons contribuer de façon positive", a déclaré Ahmed ben Abdallah Al-Mahmoud, en marge d'une réunion à Khartoum, au Soudan.

Cette victoire "n'est pas une question de taille ou de quantité, mais de qualité. Si vous comparez, vous allez vous rendre compte qu'il y a plusieurs petits pays qui ont fait des grandes choses pour la communauté internationale. Et c'est ce que nous voulons au Qatar", a-t-il ajouté.

"Du monde musulman aux citoyens du Qatar, tout le monde est heureux" de cette désignation, a encore dit le ministre, tout sourire.

Georges Leekens: "Répondre en nous qualifiant" Le coach fédéral belge Georges Leekens s'est montré combatif immédiatement après l'élection de la Russie comme pays organisateur de la Coupe du monde en 2018, au détriment de la candidature belgo-néerlandaise. "N'avons-nous pas récemment gagné 0-2 en Russie ?", a été sa première réaction, sur le ton de l'humour.

"Non, plus sérieusement, je suis bien évidemment déçu. Mais pas abattu et plutôt fier", déclarait Leekens. "Que nous ayons atteint le second tour était inconcevable et c'est fantastique. Se montrer très déçu n'est pas la bonne réaction à avoir. La réaction la plus adaptée, c'est de se qualifier pour le Mondial 2014 au Brésil".

"Un énorme travail a été abattu à tous les niveaux pour ce projet, qui s'est avéré être une belle collaboration entre la Belgique et les Pays-Bas", ajoutait-il. "Il ne faut pas laisser ce travail sans suite et continuer à avancer dans le dossier des stades".

Alain Courtois explique la défaite: "nous ne sommes plus un marché"

Alain Courtois était tellement confiant qu'il a frôlé le k.o moral à l'annonce du verdict, jeudi au siège de la FIFA a Zürich, où la candidature belgo-néerlandaise à l'organisation du Mondial-2018 a perdu son bras de fer inégal face au Kremlin.

"On avait pourtant les meilleures infrastructures, les stades exceptés dans l'état actuel des choses", déplorait en effet l'ancien secrétaire-général de l'Union Belge de football (URBSFA), visiblement très abattu. "Mais celà n'a pas pesé, et s'est peut-être même retourné contre nous. La Belgique n'est plus un marché. Et cela s'est révélé fatal..."

"La Russie est récompensée alors qu'elle n'avait aucun argument", enrage le sénateur MR, à l'origine de la Holland/Belgium Bid. "C'est quand même très significatif. Et surtout fort décevant. Voir ainsi le Mondial dériver si loin de l'Europe occidentale fait mal aux tripes. D'autant qu'il n'est pas prêt d'y revenir à mon avis. Ce n'est malgré tout pas mal d'avoir atteint le 2-ème tour de scrutin alors qu'on riait de nous il y a quatre ans. Mais honnêtement j'espérais une victoire. Je comptais notamment sur des voix de candidats éliminés. Mais je ne les ai apparemment pas eues..."

Enfin Alain Courtois s'est contenté d'un bref "bravo au vainqueur", ajoutant toutefois que dans 95 pc des cas, ce n'est pas le "concurrent le plus fair play qui l'emporte dans ce genre de compétition..."

Yves Leterme veut mettre l'accent sur le positif

Comme le reste de la délégation belgo-néerlandaise, le Premier ministre Yves Leterme s'est montré déçu que la Belgique et les Pays-Bas n'obtiennent pas l'organisation de la Coupe du monde 2018, qui a été confiée à la Russie jeudi à Zurich.

Yves Leterme a tenu à mettre l'accent sur les aspects positifs. "Nous devons continuer sur base des bons éléments de cette candidature", a-t-il déclaré. "Nous avons atteint le second tour. Nous sommes donc sur le podium. Les gens de The Bid ont effectué un très bon travail, mais malheureusement, il ne peut y avoir qu'un vainqueur", a ajouté le Premier ministre.

"Nous avons joué le match, mais nous ne l'avons pas gagné. Nous devons maintenant continuer sur base des bons éléments. Beaucoup de travail a été fait dans le monde du sport, par exemple dans le dossier des stades, et nous ne devons pas perdre cela".

Yves Leterme, qui pensait que la Belgique et les Pays-Bas obtiendraient l'organisation du Mondial 2018 et l'Australie celle de la Coupe du monde 2022, a également félicité la Russie, vainqueur du scrutin. "Ils ont également une candidature solide, et ils ont une grande tradition sportive", a dit Yves Leterme.

Freddy Thielemans: "Avoir participé au défi est un plus pour Bruxelles"

Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Freddy Thielemans est déçu que la candidature belgo-néerlandaise à l'organisation de la Coupe du Monde 2018 n'ait pas été retenue, mais il ne regrette pas la participation belge à ce défi qui a permis de promouvoir l'image de la capitale à l'étranger, a-t-il affirmé dans une réaction à la décision de la FIFA diffusée via l'agence Belga. "Je ne regrette pas qu'on ait participé à ce défi car cela a permis de mener une campagne d'envergure internationale de promotion de notre capitale", a-t-il commenté.

Pour le bourgmestre, il est important d'avoir des projets de dynamisation de la ville comme ceux qui sont menés via la politique événementielle de la Ville. L'image internationale et les projets concrets permettent d'amener toujours plus de tourisme à Bruxelles et de créer des retombées en termes d'économie et d'emplois. "Cela ne doit pas nous empêcher d'avoir une réflexion sur le futur stade national et sur son emplacement idéal. Un certain consensus semble se dégager autour de la proposition de Schaerbeek-Formation. Je souhaite donc qu'on avance dans cette voie", a-t-il encore dit.

Rudy Demotte: "Un projet qui pourrait être élaboré pour l'économie ou l'emploi"

Pour le ministre-président wallon et de la Communauté française Rudy Demotte, le fait que la candidature belgo-néerlandaise n'ait pas été retenue ne doit en rien ôter à la qualité du travail accompli. Si Wallons, Flamands et Bruxellois ont pu bâtir un projet dans le cadre du sport, il y a tout lieu de penser que l'on peut y parvenir sur le plan de l'économie ou de l'emploi, estime-t-il. Pour M. Demotte, la candidature des Plats Pays, c'est avant toute chose un rêve auquel Wallons, Bruxellois et Flamands tentent d'accéder depuis 4 ans.

"La candidature belgo-hollandaise n'était pas donnée favorite. Et pourtant, durant ces 4 dernières années, tous, nous avons continué à y croire, réunis autour de cet objectif ambitieux", souligne le ministre-président. Pour lui, il faudra retenir de cette expérience qu'il y a tout lieu de penser que l'on pourrait parvenir à un tel projet commun sur le plan de l'économie, de l'emploi, du développement durable, etc.

"N'en déplaise à ceux qui n'envisagent l'avenir que sous l'angle de la division, ensemble, nous pouvons accomplir de grandes choses", conclut le ministre-président.

Marc Wilmots: "une défaite du sport!"

"La Russie (2018), c'est un choix politique; et le Qatar (2022), un choix économique. On peut donc dire que quelque part, le sport a été perdant dans les désignations des organisateurs de ces deux Mondiaux", a estimé Marc Wilmots, jeudi dans un studio de la RTBF, où il avait assisté à la cérémonie de Zurich.

"Maintenant", a également réagi l'ancien diable rouge (70 sélections, 28 buts) et actuel entraîneur-adjoint de l'équipe nationale, "tout le monde savait au départ qu'il y aurait plus de déçus que de gagnants. On se retrouve dans la première catégorie mais en tant que sportifs, il faut savoir l'accepter avec élégance..."

Mark Rutte, Premier néerlandais: "Il ne peut y avoir qu'un gagnant"

Mark Rutte, le Premier ministre néerlandais a félicité la Russie, pays organisateur du futur Mondial 2018, selon le résultat du vote de la FIFA, jeudi à Zurich. "Notre candidature pour le Mondial 2018 ne l'a malheureusement pas emporté. En sport, il ne peut y avoir qu'un vainqueur: le Russie, félicitations", selon une déclaration postée par le Premier ministre sur son compte Twitter.

Pierre-Olivier Beckers: "Dommage d'être passé si près"

Pierre-Olivier Beckers, président du COIB (Comité Olympique Interfédéral Belge), regrette que la Belgique et les Pays-Bas n'aient pas obtenu l'organisation du Mondial 2018 de football, confiée jeudi à la Russie. Il estime probable que la situation politique belge ait été défavorable à la candidature belgo-néerlandaise.

"C'est dommage d'être passé si près de l'octroi de l'organisation de cette manifestation sportive d'envergure. Je suis pourtant convaincu que la candidature commune 'Belgique-Hollande' aurait répondu parfaitement aux exigences de la FIFA et aux souhaits des nombreux amateurs de football', a déclaré Pierre-Olivier Beckers dans un communiqué du COIB.

Pierre-Olivier Beckers a en outre pointé du doigt la situation politique. "Il est plus que probable que l'incapacité de nos responsables politiques de former un gouvernement et de s'engager dans les mesures nécessaires aura pesé lourd dans la balance", a-t-il dit. "Mais, il y aura certainement d'autres opportunités où nous pourrons montrer nos talents d'organisateur".

"Concentrons-nous dès à présent sur les autres défis que notre pays devra très bientôt relever. Je pense bien entendu aux Jeux Olympiques de Londres de 2012 qui s'organiseront dans moins de deux ans et pour lesquels, les athlètes qui composeront la délégation belge (le Belgian Olympic Team) auront besoin du soutien du plus grand nombre ", a conclu le président du COIB.

"Inquiet pour les futurs stades, mais reste enthousiaste"

Après la désignation de la Russie comme organisateur de la Coupe du Monde de football 2018, le porte-parole francophone de la candidature belgo-néerlandaise, Alexandre Charlier, s'est dit inquiet pour l'avenir des stades en Belgique, ajoutant qu'il faut toutefois rester enthousiaste. "Cette candidature était essentiellement néerlandophone et il a été difficile de mobiliser tout le monde", a déclaré Alexandre Charlier, sur le plateau de la RTBF.

Le porte-parole francophone s'est par ailleurs déclaré "inquiet" concernant l'avenir des stades candidats pour accueillir des matchs, mais il a demandé à ce que l'enthousiasme demeure; un enthousiasme qui, estime-t-il, a marqué la candidature belgo-néerlandaise.

Ruud Gullit: "J'enrage"

Ruud Gullit, le président de la candidature belgo-néerlandaise: "J'enrage. Nous avons pourtant présenté un bon dossier, c'était du solide. Mais le comité exécutif de la FIFA ne l'a apparemment pas trouvé assez bon. Je dois féliciter les vainqueurs, la Russie et le Qatar. Nous avons tout fait, c'est comme ça. Je ne parlerai pas des autres. Ce matin, j'avais pourtant le sentiment que ça pouvait tourner en notre faveur. Je suis curieux de savoir à quel point nous étions proches."

"mauvaise décision" affirme Obama

Le président Barack Obama a affirmé jeudi à des journalistes que la Fifa avait pris une "mauvaise décision" en accordant au Qatar l'organisation du Mondial-2022, plutôt qu'aux Etats-Unis.

"Je pense que c'était une mauvaise décision", a réagi M. Obama, interpellé sur ce sujet près de la sortie de la Maison Blanche, dont il sortait pour aller rencontrer des gouverneurs d'Etats américains.

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