Football Entretien

Dossier Mohammed Tchite définitivement terminé. L’URBSFA a utilisé tous les moyens auprès de la FIFA afin de pouvoir sélectionner Mohammed Tchite pour l’équipe nationale A. Hélas, cela fut impossible. L’Union belge regrette ne pas pouvoir faire appel à Tchité pour les Diables Rouges."

Ce communiqué publié hier après-midi par l’Union belge a fait l’effet d’un coup de poignard à Meme Tchite. Pour l’occasion, il a accepté de s’épancher auprès de nos confrères de la "Dernière Heure/Les Sports".

"J’ai, ici sous les yeux, la dernière lettre de la Fifa. Elle ne dit jamais que je ne peux pas jouer pour la Belgique. Au contraire, vu que j’ai démontré que je ne suis pas Burundais, et que les matchs joués en ‘U20’ ne doivent donc pas être pris en compte, elle dit que, si je suis un joueur vierge de toute sélection, ce n’est pas à elle de se positionner mais à la Belgique de me sélectionner."

Mais dans cette lettre, la Fifa émet tout de même certaines réserves. Elle ne dit pas non plus qu’elle approuve votre argumentation.

La lettre de la Fifa me laissait bon espoir. J’y croyais. Mais la Belgique a peur de me sélectionner. Si elle m’aligne, elle craint une sanction de la Fifa. Mais, au lieu de demander une réponse claire de la Fifa, elle m’abandonne au moment où j’avais le plus besoin d’elle. Vu l’évolution positive des derniers mois, on était sur le point d’aboutir. Là, avec ce communiqué, l’Union belge a blanchi la Fifa, qui peut maintenant facilement renvoyer la balle vers la Fédération

L’Union belge a peut-être eu une réponse informelle de la Fifa. Steven Martens et François De Keersmaecker ont peut-être évoqué votre dossier avec Sepp Blatter et Jérôme Valcke lorsqu’ils se sont vus la semaine passée à l’Union Belge.

Je ne le crois pas. Ils n’ont pas évoqué le dossier. Si c’est le cas, ils auraient dû me faire venir. Pour que je puisse défendre ma position et écouter la leur. Ici, je n’ai aucune preuve que la Fifa a dit à la Fédération belge que je ne serais jamais Diable Rouge. Et quand l’Union belge dit qu’elle a tout fait, je me demande bien à quoi elle fait allusion. Car c’est à chaque fois moi qui ai dû envoyer les lettres ou pousser l’Union belge pour qu’elle envoie un courrier à la Fifa. Et quand la Fifa répondait à la Fédération, je devais courir derrière la réponse C’est à se demander si la Belgique me voulait vraiment. Je pense que la volonté est plus grande de mon côté. Je me suis senti plus Belge que les Belges.

Qu’allez-vous faire maintenant ?

Je poursuis le combat. Puisque l’Union belge ne l’a pas fait, je vais moi-même envoyer une lettre à la Fifa pour lui demander une réponse claire. Et si elle me dit : "Non, vous ne pourrez jamais jouer pour la Belgique" , je poursuivrai le combat sur le plan juridique.

Dans quel but ?

Pour montrer que j’ai le droit de jouer pour la Belgique, malgré le manque de soutien de l’Union belge et malgré l’entêtement de la Fifa. Si j’obtiens gain de cause, j’aviserai sur les suites à donner. Il ne faut pas oublier que j’ai investi énormément en temps et en argent dans ce dossier. Combien de joueurs auraient consenti tous les sacrifices que j’ai consentis ? J’ai refusé des contrats de plusieurs millions pour être Diable Rouge. Si je suis revenu en Belgique, c’est pour favoriser mon dossier Diable Rouge. Si je ne suis pas parti en août, c’est parce que la Fifa m’a redonné espoir d’être Diable Rouge

Pourquoi, vu les difficultés rencontrées, vous obstinez-vous dans ce combat ?

Pour le peuple belge. Je suis Belge. J’ai envie de représenter mon pays. Le fait que ce soit aussi la volonté du sélectionneur, M. Leekens, et des supporters, du Standard et des autres clubs belges, me donne du courage pour continuer le combat.