Football

La récente Coupe d'Afrique des nations (Can) au Mali avait démontré toute la ferveur qui entoure le football sur le continent africain. On imagine donc le bruit qu'a dû faire en République démocratique du Congo (RDC) le non-démarrage des championnats locaux mercredi dernier.

En cause, notamment, l'absence des licences pour les joueurs et pour cause puisque celles-ci sont bloquées en Belgique suite à un litige entre la société bruxelloise, installée à Uccle, Highfeed et la Fédération congolaise de football association (Fécofa).

Un imbroglio qui remonte au mois de janvier dernier. A cette époque, les responsables d'Highfeed, qui depuis quelques années tentent d'attirer les sponsors et particulièrement un grand équipementier américain vers le foot africain, entrent en contact avec le président de la Fécofa. Un accord par lequel Highfeed s'engage à collaborer au développement des activités de la Fécofa, en amenant notamment le grand sponsor américain, moyennant une réorganisation concrète du football en RDC (calendrier pour la couverture et le sponsoring, programme d'activités...).

Les deux premières missions de la société bruxelloise sont alors d'imprimer les licences des joueurs pour le futur championnat ainsi que la mise à disposition de deux jeux de maillots, sponsorisés, pour l'équipe nationale qualifiée pour la Can toute proche. Un travail pour lequel la Fécofa assure qu'elle remboursera Highfeed grâce à une ligne de crédit ouverte auprès d'un fonds de la fédération internationale de football destiné aux pays en voie de développement. Premier problème: la Fécofa se rend compte que cette ligne de crédit est épuisée. De plus, l'équipe nationale, lors de son premier match, ainsi que lors du troisième, arbore un autre maillot et, surtout, un autre sponsor. Passons les détails et retenons que le torchon brûle entre les deux parties.

RESTITUTION DES MAILLOTS

A tel point que le 2 février, lors d'une rencontre, dans le quartier Matonge d'Ixelles, entre les dirigeants de Highfeed, un membre de l'ambassade du Congo et Kbamba Kasongo, le secrétaire-général de la Fécofa, ce dernier demande la restitution du deuxième jeu de maillots pour l'équipe nationale. Au cours de cette entrevue, un des représentants de la société bruxelloise est passé à tabac par un des gangs de jeunes africains (sans doute les Kung Fu) actif dans le quartier. Lorsqu'il va porter plainte à la police, le dirigeant croise dans les locaux le même M.Kabamba venu, lui, porter plainte pour le vol des maillots.

Finalement, des contacts sont pris avec le vice-président de la Fécofa pour que la fédération paye les trois factures (maillots de l'équipe nationale, leur transport par DHL et l'impression des licences), soit une somme d'environ 75000 dollars. A ce jour, malgré une mise en demeure adressée aux président et vice-président de la Fécofa, par le bureau d'avocats qui représente la société Highfeed, rien n'a encore été payé. Pire: la justice a dû intervenir pour surveiller les frontières lorsqu'une tentative de piratage des licences, soit leur impression par un autre imprimeur que celui choisi par Highfeed, a été faite par un membre de la Fécofa présent à Bruxelles.

Un imbroglio, disions-nous, mais surtout une histoire lamentable qui non seulement risque de décourager toute tentative des sponsors importants de s'investir dans le football africain, mais pose également la question de l'utilisation des gangs bruxellois de jeunes africains pour les règlements de compte ou les tentatives d'intimidation.

© La Libre Belgique 2002