Football Une élimination scellerait la fin du règne du Français.

Poser la question revient à y répondre. Quel autre entraîneur aurait pu survivre à une élimination en Coupe du Roi contre un sans-grade de Liga, en pointant seulement à la 4e place du championnat à 19 points du rival et ennemi, le FC Barcelone ? Personne à part Zinédine Zidane.

Dans la foulée de la défaite à la maison le 24 janvier dernier contre Leganes, le Français s’est retrouvé en première ligne. Et pas question pour lui de dribbler les interrogations. "Si je pense jouer ma place contre le Paris SG ? Bien sûr, c’est très clair".

Près de trois semaines plus tard, Zizou n’a pas changé d’avis, traversant la première tempête de sa carrière d’entraîneur en restant fidèle à sa ligne de conduite. Longtemps, son statut d’icône madrilène l’a protégé des critiques. Mais son immunité s’est envolée. Et les critiques ont affleuré, se concentrant sur la gestion de l’effectif, avec l’échec de ce turnover qui avait servi de ciment à la conquête de sa deuxième Ligue des Champions la saison dernière.

Faute de concurrence, l’effectif s’est embourgeoisé. Mais pas question pour Zidane de changer sa manière de faire. Simplement, le Français, avec la complicité du préparateur physique Antonio Pintus, a profité des deux dernières semaines à un match pour allonger l’intensité des séances pour imposer à nouveau une domination athlétique.

Le pacte scellé avec ses hommes qui a notamment abouti à cette volonté de ne recruter personne lors du mercato hivernal malgré des besoins criants offensivement notamment tient toujours. Il se retrouve dans la sémantique du technicien.

"Je ne suis pas de ceux qui jettent de la merde sur un ou deux joueurs", a-t-il lancé au cœur de la tempête, rappelant en fin de semaine sur RTL France : "Je suis comme ça, je dois être derrière mes joueurs, je vais être avec eux. Mes joueurs, ils courent, ils se donnent. Quand ça va moins bien, je devrais dire que c’est de leur faute ? Non, je suis responsable."

"C’est une bonne chose qu’il reste fidèle à ses idées quand l’environnement qui l’entoure demande des changements", l’a soutenu sur la Cadena Ser Jorge Valdano, l’ancien directeur sportif du club. "Nous ne devons pas oublier ce que Zidane a fait. C’est la dernière balle du Real Madrid, mais ce n’est pas la dernière de Zidane", a renchéri Guti. À la tête des U19, l’ancien milieu apparaît comme la seule solution en interne capable de succéder à Zizou qui, quoi qu’il arrive, finira la saison. Et il a déjà prévenu : "Si Florentino Pérez m’offrait cette responsabilité, je dirais oui, je suis prêt".