Football

Adeux pas du coup d’envoi de la CAN (Coupe d’Afrique des Nations), la Belgique ne semble pas trop secouée. Autrefois redoutée en raison du nombre de joueurs "belgicains" concernés, la compétition africaine ressemble aujourd’hui à un simple divertissement par soir d’ennui devant la télé. Plus aucun club belge ne songe aujourd’hui à s’affoler ou à crier contre le départ de ses joueurs africains partis en plein championnat belge, défendre les couleurs de leur pays.

Et pour cause. Seuls neuf joueurs africains évoluant à différents échelons de nos championnats vont cette année filer au Gabon pour y disputer la Coupe d’Afrique des Nations. Valeur refuge d’autrefois, les footballeurs africains ne sont désormais plus légion. Qui pourrait oublier l’équipe "100 %" ivoirienne autrefois composée par Jean-Marc Guillou dans un club de Beveren aux penchants "flamingants" pourtant avoués ? Qui ignorait l’amour voué par le président lokerenois, Roger Lambrecht aux jeunes joueurs africains souvent achetés pour une croûte de pain (Youla ou Maazou comptant parmi les derniers exemples à citer) ?

Aujourd’hui, la source s’est tarie. Dans les grands clubs de notre division, seuls le Standard (avec le départ d’Opare) et la Gantoise (avec celui de Conte) risquent aujourd’hui d’être quelque peu amputés par l’arrivée de la CAN.

Que s’est-il donc passé en quelques années pour voir la "filière africaine" (excusez le mercantilisme de l’expression) dépassée par les filons nordiques ou sud-américains ? "Il y a de plus en plus de joueurs qui partent directement en France, en Espagne", confie l’ancien joueur brugeois Khalilou Fadiga, aujourd’hui replacé dans le costume d’agent de joueurs. Autrefois taillée comme un tremplin, la Belgique ne parvient plus à attirer les meilleurs des jeunes africains. Mais les modes sont là pour être bousculées. Avec l’arrivée récente de Kabangu et de Mbenza en provenance du T. P. Mazembe, chacun sent bien qu’Anderlecht, affolé par la montée des prix sur le marché argentin, tente de remettre un pied en Afrique.

Reste qu’en quelques années, les Belges ont d’ores et déjà perdu du terrain. "Il faut à nouveau faire confiance aux gens qui connaissent l’Afrique et qui peuvent dénicher des joueurs pour nos clubs comme cela peut être le cas en Norvège ou au Danemark. Des joueurs qui seront ensuite revendus dans des championnats plus prestigieux", ajoute Fadiga.

Avec les années, les liens attachant la Belgique à quelques points du continent africain (à commencer par l’Etat congolais) se sont progressivement effilochés. En ajoutant à cela le fait que certains dirigeants belges restent encore prisonniers de quelques vieux clichés sur les joueurs africains (techniquement forts mais indisciplinés), chacun comprendra pourquoi l’Afrique du football s’est doucement éloignée des terrains de notre division 1.