Football

La fille du Franco-Portugais Manuel Dias, seule victime de l'attentat au Stade de France le 13 novembre, aurait aimé qu'un hommage soit rendu à son père, passionné de foot, lors de la finale de l'Euro dimanche, et souhaite qu'une plaque soit apposée à sa mémoire.

L'affiche entre la France et le Portugal "c'est très émouvant (...). On pense forcément à lui, d'origine portugaise mais Français dans l'âme, qui adorait le foot et était très souvent au Stade de France dans le cadre de son travail", a déclaré à l'AFP Sophie Dias, 34 ans.

Chauffeur de métier, Manuel Dias, 63 ans, buvait un verre à la terrasse de la brasserie l'Events quand un kamikaze s'est fait exploser à quelques mètres de lui.

"Il était supporter du Sporting de Lisbonne, c'était un footeux comme j'en connais peu. Quand je lui rendais visite le week-end à Reims la télé était toujours allumée, il regardait tous les matchs possibles. Quand il travaillait il écoutait les matchs à la radio. Et sur son portable, il avait toutes les applications de foot imaginables", poursuit Sophie Dias.

Dans une tribune publiée samedi sur le site du Huffington Post, son petit frère Michaël, 31 ans, lui a rendu un hommage émouvant.

"Dimanche à Saint-Denis tes deux pays s'affronteront à quelques mètres de cette porte D où tu as perdu la vie. Si je suis encore incapable de m'y rendre, je me console cependant en me disant que toi au moins tu auras une place privilégiée pour voir le match", a-t-il écrit.

"Mon frère et moi avons été invités par le cabinet du ministère des Sports à assister à la finale mais c'est encore trop frais pour nous", confirme la grande soeur.

En revanche, "on aurait apprécié que lors du match d'ouverture au Stade de France un hommage lui soit rendu" comme cela a été le cas pour le couple de policiers assassinés à leur domicile à Magnanville. Elle rappelle que deux semaines après sa mort, "les deux plus grandes équipes au Portugal, le Sporting de Lisbonne et Benfica", avaient célébré la mémoire de leur compatriote, né dans le sud du pays. Sa photo avait alors été projetée sur écran géant en début de match.

Au-delà de la finale, Sophie Dias admet avoir "beaucoup d'attente par rapport à la date anniversaire" des attentats: son frère et elle aimeraient qu'une plaque soit apposée porte D, "pour qu'on l'oublie pas et qu'on puisse se recueillir". Une façon, pour ses enfants, de lui "garder une place", dans leurs coeurs comme près de ce Stade qu'il aimait tant.