Le foot doit se diversifier

Philippe Vandenbergh Publié le - Mis à jour le

Football

BRUXELLES Son air d'éternel jeune homme bien mis ne peut toutefois cacher les marques d'un destin contraire. Sans être abattu, Alain Courtois ne cherche pas à le nier.

`C'est évidemment difficile à digérer. Pas facile de partir comme ça du plus grand club du pays où je pensais faire quelque chose de bien. Mais je suis mieux dans ma tête, je suis bien, relax. Les choses sont plus claires pour moi.´

Avez-vous des commentaires sur la manière dont votre sortie a été traitée ?

`Je ne polémique pas là-dessus par voie de presse. La seule chose que je peux dire est que l'on m'a notamment accusé de n'avoir pas fait évoluer le dossier du centre de formation de Neerpede alors que je m'étais donné cent jours pour le faire. Je dirai simplement que dans ce dossier, Anderlecht en est à la désignation des architectes. Cela me semble être du concret.´

Vous avez quand même voulu bousculer pas mal de choses, entre autres la structure commerciale...

`Je pense qu'à un moment donné, que ce soit moi ou un autre, cela se fera. C'est un club qui mérite cela. Anderlecht doit choisir: ou bien il reste au niveau national, ou bien il intègre la deuxième corbeille européenne à l'instar de Rosenborg, de Lyon ou de Feyenoord.´

Vous n'avez pas le sentiment d'être arrivé trop tôt à Anderlecht ?

`Peut-être. Il y avait effectivement un certain nombre de choses à faire. Je suis venu avec certaines idées de l'Euro 2000 qui n'avait pas les mêmes structures. Peut-être que dans un club, ce n'était pas ce qu'il fallait. Quand on dit que je voulais une multinationale là où c'est encore artisanal, j'accepte ça.´

Y a-t-il de si grandes différences dans les manières de procéder entre une fédération comme l'Union belge, une organisation symbole comme l'Euro 2000 et un grand club comme Anderlecht ?

`Je pense que dans les trois cas de figure, ce sont toujours les mêmes sources de revenus et de dépenses: la billetterie, le commercial, l'hospitality et le merchandising qui sont des éléments de rentrée. Les dépenses sont également les mêmes: le personnel; ici, in casu, le salaire des joueurs et l'infrastructure, et c'est à peu près tout. Quand je disais qu'il est donc nécessaire que le football belge se diversifie, je le pense vraiment. Vous savez, on raisonne aujourd'hui en Belgique avec une division 1 de 18 clubs pour 10 millions d'habitants. En Espagne, il y a aussi une D 1 de 18 clubs mais pour 80 millions d'habitants, ou en Allemagne, pour 65 millions d'habitants, ou en France, pour 55 millions d'habitants...´

Il y a une réflexion en cours pour une D 1 à 14 clubs...

`Il faut avoir cette réflexion dans le cadre du rapport entre la densité de la population et l'économie. Il est un fait que l'on va devoir s'adapter. Quand je vois que le premier match de Mons à domicile n'a attiré que 3.500 spectateurs payants alors que le club n'était jamais monté en D 1, maintenant cela va mieux parce que les résultats suivent mais il y a matière à questions. Quand je vois les 800 payants de Lokeren ou les 900 de Beveren, cela veut dire que la densité de population par rapport au produit est en déséquilibre total. Nous devons y réfléchir. Il faut une refonte du football axée sur la diversification. Même à Anderlecht.´

L'opinion publique ne peut s'empêcher de faire un rapprochement entre votre cas à Anderlecht et celui de Robert Waseige au Standard...

`En ce qui concerne Anderlecht, c'est le plus grand club de Belgique, c'est le seul qui dégage un bénéfice et je pense vraiment qu'il est le seul club belge à avoir de structures susceptibles aujourd'hui d'évoluer. On ne s'est tout simplement pas trouvé, on n'a pas trouvé le dénominateur commun entre le changement et une certaine base à garder. Mais vous mettez le doigt sur quelque chose de plus fondamental: les professionnels en Belgique sont-ils des professionnels ou restent-ils des amateurs ? Il faut se convaincre que le football pro est devenu un business, point à la ligne. Il faut un élément social à tout prix sans lequel le football n'existerait pas mais c'est devenu une industrie, qu'on le veuille ou non.´

© Les Sports 2002

Philippe Vandenbergh

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