Football

Il y a un élément mystique dans le FC Malinois..." L'avocat Johan Timmermans, le président du renouveau, en est intimement persuadé. Des chiffres évocateurs appuient sa conviction : "Quand le club a repris vie, en D3 en 2003, il s'appuyait sur une assistance moyenne de 5 500 supporters. Nous ne sommes pas remontés tout de suite. La saison suivante, le nombre des fidèles avait grimpé à 5 700 spectateurs. Notre retour en D2 a encore boosté les assistances. L'an dernier, nous accueillions 6 200 spectateurs en moyenne. Cette saison, nous sommes bien classés : tous les quinze jours, 6 500 personnes viennent régulièrement applaudir nos prestations."

Johan Timmermans incarne, avec la très populaire et très médiatique star néerlandophone Mark Uytterhoeven, un des parrains de cette authentique résurrection. Car le vénérable cercle malinois n'aurait jamais dû survivre à la démolition des casernes qui jouxtaient ses installations.

Aux lendemains du départ de John Cordier, le président ouest-flandrien qui mena à la victoire en Coupe des Coupes en 1988 puis au titre national en 1989, une formation transcendée par Preud'homme, Clijsters, Den Boer, Bosman, Ohana et Erwin Koeman, le FC Malinois est progressivement rentré dans le rang.

Le 5 novembre 2002, quand son fantasque président Willy Van den Wijngaert jeta le gant le FC Malinois, anémié par ses dettes, agonisait. Dépouillé et sans ressources, le "KaVé", en faillite, se retrouvait à l'article de la mort. Privés de salaire, certains de ses joueurs vivaient un authentique drame humain. Même le comité de crise qui s'était constitué ne pouvait plus le sauver.

Mais cette lente et pathétique agonie avait ému aux larmes ses supporters. Stimulés par Mark Uytterhoeven, tribun de la bonne cause, ceux-ci se sont mobilisés comme aucun groupe de sympathisants d'un autre club ne l'a jamais fait, pour mener à bien une véritable mission impossible : ramener à la vie un club qui avait reçu l'extrême-onction des prêtres de la planète football.

Rouge et Or toujours !

"Paradoxalement peut-être, c'est la faillite du club qui lui a redonné vie, assure Johan Timmermans. La détermination, farouche, du noyau dur de ses supporters, encore galvanisés par les multiples opérations initiées par Mark Uytterhoeven, a suscité un extraordinaire effet boule-de-neige. En faisant table rase de son passé récent et douloureux, le club s'est littéralement régénéré. Certes, de nombreux vieux supporters s'étaient lassés. Mais la mobilisation extraordinaire qui avait embrasé la ville, a éveillé l'amour pour le club d'un nombre plus important encore de grands adolescents. Notre club est soutenu par un vivier extrêmement riche de jeunes hommes mais aussi par de très nombreuses jeunes filles ou jeunes femmes."

Johan Timmermans définit très simplement le FC Malinois éternel : "C'est un club familial dans lequel l'émotion sincère de ses supporters quand il vivait des heures noires a tissé avec les joueurs qui ont assuré sa pérennité des liens d'affection très intenses. Je ne néglige nullement non plus le choix de ses couleurs, qui n'a jamais été anodin. Le Jaune et le Rouge sont les couleurs de la ville. De tout temps mais plus encore aujourd'hui le jaune et le rouge sont indissociablement liés au club. Elles identifient vraiment ceux qui les portent au FC Malinois. C'est vrai pour Malines. Ce ne l'est pas pour Cappellen, par exemple."

Aujourd'hui, le FC Malinois, qui rêve de rejoindre ce soir l'Antwerp, Dender et Coutrai en huitièmes de finale de la Coupe, s'appuie sur 2 982 abonnés. Il est des clubs de l'élite qui se trouveraient fort aise d'être soutenus de la sorte.

© La Libre Belgique 2006