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Anderlecht battu au Germinal Beerschot, le Standard et le Club Bruges contraints au partage respectivement à Saint-Trond et à Roulers. Et, donc, le Standard toujours leader, avec «seulement » 39 points, alors que peu de monde y croyait encore samedi soir en bord de Meuse... Une question s'impose au lendemain de la 20e journée: le champion de Belgique sera-t-il un petit champion? Sera-t-il non pas le meilleur mais le moins mauvais?

Une question qui titille au Standard... alors que, cette saison justement, les Liégeois semblent plus proches que jamais de ce titre après lequel il court depuis 1983! «Non ce n'est pas le moins mauvais qui va émerger en fin de parcours», rétorque Dominique D'Onofrio. «Le champion aura drôlement mérité son titre. Quand on voit les effectifs d'équipes comme La Gantoise, Westerlo ou, et cela veut tout dire, Zulte-Waregem... Il n'y a plus de matches faciles: ces clubs alignent des joueurs aux dents longues qui veulent faire tomber les grands.»

Et l'entraîneur du Standard de citer d'autres exemples similaires à l'étranger pour justifier ses dires: «Regardez ce qu'a réussi à faire Wigan en Angleterre, ou Palerme en Italie. Il y a eu aussi Chievo Vérone à un moment... Mais en Belgique, on «négativise» trop vite: dans l'esprit des gens, il faudrait qu'Anderlecht, le Club Bruges et le Standard écrasent à chaque fois les autres équipes. Non, notre championnat est plus difficile qu'on le croit. C'est pour cela que plusieurs équipes se tiennent dans le haut du classement. Et quand ce n'est pas le cas, quand une équipe compte dix points d'avance, ce n'est pas bon non plus. «Positivons» un peu!»

Cela dit, Dominique D'Onofrio est bien conscient qu'à force de ne pas saisir les opportunités qui se présentent pour distancer Anderlecht et le Club Bruges, les «Rouches » pourraient s'en mordre les doigts au décompte final. Même si, cette saison, il n'y a pas que le Standard qui «craque» aux moments clés: dimanche, ce sont les «Blauw en Zwart » qui n'ont pas profité de l'occasion et, le week-end précédent, c'est Anderlecht qui avait raté le coche...

Connaître le résultat

«Personne ne veut prendre la tête», sourit l'entraîneur liégeois. «Nous aussi avons déjà gâché de belles occasions de faire le break à Mouscron, au Brussels, etc.»

Les ténors ne sauraient-ils pas gérer la pression quand ils sont au courant des résultats de leurs concurrents? «Dans ma théorie d'avant-match, je ne parle jamais des autres. Mais peut-être qu'inconsciemment, cela joue dans la tête des joueurs. Pourtant, une équipe qui connaît le résultat du concurrent n'est pas assurée de faire la bonne affaire. Au contraire: cela ajoute peut-être une pression supplémentaire, les joueurs ne sont pas libérés... L'idéal, ce serait que tout le monde joue le même jour et à la même heure. Il y a là une question de droits télé. C'est dommage mais il faut s'adapter.»

© Les Sports 2006