Le président du Club de Bruges a lâché les cordons de la bourse

Thibaut Roland Publié le - Mis à jour le

Football

On ne sait trop ce qui a pu doubler son appétit mais le Club de Bruges ne s’est pas encore extirpé d’une certaine phase de boulimie.

Après s’être déjà offert les renforts de Buysse, Jorgensen, Tchite, Trickovski, les "Blauw en Zwart" viennent de ramasser un (dernier ?) gros transfert en la personne de Jim Larsen. Avec ses 26 ans, son mètre nonante et ses 90 kilos, le Danois viendra garnir une défense centrale déjà embouteillée par les présences de Donk, Figueras et Almebäck. Mais hier, en voyant Larsen se tirer sans trop de peine de la visite médicale, l’essentiel n’était sans doute pas à déchiffrer de ce côté.

Car, en débarquant dans la Venise du Nord, le troisième Danois du Club a réveillé une autre question : comment expliquer le décalage entre un Bruges omniprésent sur le marché des transferts et le mercato plus silencieux des autres clubs belges (avec Anderlecht en tête de cordée) ?

La réponse tient en homme, tantôt remuant, tantôt discret. Alors que son fameux plan de relance s’étalait initialement sur trois années, le président Bart Verhaeghe aurait en effet décidé d’accélérer les opérations une fois le départ de Daum entériné. Dans les coulisses du Club, beaucoup restaient en effet persuadés que le seul prestige de l’entraîneur allemand suffirait à faire de Bruges un candidat naturel au titre. La donne a depuis lors changé Finies les économies de bout de chandelle, finie la prudence financière autrefois vantée (voilà deux ans).

En allant chercher Georges Leekens dès la mi-mai, Bart Verhaeghe savait pertinemment qu’il venait de se lancer dans une véritable campagne d’investissements et d’ouvrir une nouvelle note de frais. Quelques semaines plus tard, le paquet de transferts réalisés est là pour le prouver.

Vu l’argent déboursé, le Club ne peut désormais plus s’offrir le luxe de cacher son objectif. "On jouera pour le titre", avait lancé le directeur général Vincent Mannaert en prenant Leekens légèrement à froid. Un titre que le président Verhaeghe avait initialement programmé pour 2013-2014 mais un coup de tête est si vite arrivé

Car ainsi marche Bart Verhaeghe : au feeling et à l’envie. "Ne dites pas à ma mère que je suis entrepreneur, elle croit que je cherche du travail", avait titré le patron brugeois lors de la publication de son livre voilà quelques années. Verhaeghe avance sans s’encombrer de trop de questions. "L’échec n’est pas un scandale", avait-il déclaré. "A partir du moment où en tire quelque chose, je ne vois pas pourquoi on n’aurait pas le droit de se planter."

Le président déteste par contre la société des assistés, le poids des fonctionnaires et des syndicats, les horaires "9 à 5" formatés comme si l’imprévu ne pouvait pas s’inviter au travail. Aidé par un paquet de réussites professionnelles, le Brugeois sait désormais qu’un échec ne pourra jamais le terrasser. Si le titre lui échappe cette année, l’ambition sera simplement reportée d’un an (et, après tout, son plan s’étalait initialement sur trois saisons). Pourvu qu’il parvienne à se faire plaisir, le président du Club sait mieux qu’u n autre que rien ne peut lui arriver. "Le bien-être doit être l’objectif numéro 1 car c’est le bien-être qui apporte le bonheur", déclarait-il comme un philosophe de comptoir. Et l’argent sur lequel Verhaeghe peut désormais roupiller lui permet de s’offrir ses rêves. L’homme pratique le triathlon en amateur ? Il était logique de s’offrir une équipe au nom de sa société (Uplace pro). L’homme voulait Leekens ? Pourquoi se le refuser. Mais après avoir vu leur président investir, les hommes du Club savent aussi que les écarts de conduite seront désormais interdits.

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