Le Standard est-il défavorisé?

Frédéric de Biolley Publié le - Mis à jour le

Football

La phase ne laisse planer aucun doute: le bras d'Emile Mpenza a bel et bien été accroché par David Vanhoyweghen alors que celui-ci se trouvait en position de but. Jusque-là tout semblait normal. Ce fut, en effet, la suite des événements qui parut surréaliste. L'élément déclencheur fut, à n'en point douter, l'absence de réaction de l'arbitre, qui oublia d'accorder une faute pourtant flagrante aux Standardmen.

Il n'en fallait pas plus pour déclencher la colère dans les rangs liégeois, et plus particulièrement dans le chef d'Emile Mpenza, qui éprouva beaucoup de mal à canaliser une frustration et un état de colère que personne ne lui connaissait jusqu'alors. «Jamais, depuis le début de ma carrière, je ne me suis senti autant lésé», nous a-t-il avoué hier. «Le geste du défenseur gantois me déséquilibra à un tel point que j'étais convaincu que l'arbitre allait nous accorder un coup de réparation. Quand je me suis levé et que j'ai vu qu'il faisait signe de continuer à jouer, je fus envahi par un sentiment d'injustice. Et lorsque l'arbitre avoua qu'il n'avait rien vu, je ressentis un sentiment de colère et de révolte car la faute n'avait pas échappé à Roberto Bisconti, qui se trouvait juste à ses côtés au moment de la phase. Je ne fus donc pas le seul dans ce cas.»

Des propos sans équivoque

Quelques minutes après le coup de sifflet final, la tension monta encore d'un cran pour en arriver aux événements déplorables, mais compréhensibles, qui émaillèrent cette fin de rencontre. Sur le coup de la déception, Emile Mpenza parla même de corruption...

«Il y a plusieurs types de corruption», précise-t-il. «Lorsque j'en ai parlé, je ne parlais bien évidemment pas d'argent mais plutôt de corruption intellectuelle. Il y a des différences d'interprétation qui m'interpellent. Il suffit de comparer la fin de rencontre du Sporting d'Anderlecht et la nôtre pour s'en rendre compte. J'ai constaté que l'arbitre qui officiait à Bruxelles n'eut aucun problème de conscience lorsqu'il accorda un coup de réparation suite à l'intervention de Sébastien Chabaud sur Aruna Dindane à quelques secondes de la fin. Au Standard, on accorde généralement beaucoup plus de crédit aux défenseurs adverses qu'aux attaquants liégeois. Je suis même outré par la manière avec laquelle les arbitres s'empressent de sanctionner d'un carton jaune les interventions de nos défenseurs. J'ai parfois l'impression qu'il faut être trois fois plus fort que notre adversaire pour gagner.»

Les propos d'Emile Mpenza sont sans équivoque. Car même s'il refuse de se rendre à l'évidence, l'attaquant liégeois estime que la lutte pour l'obtention de la 2e place qualificative pour la Ligue des Champions risque d'être disproportionnée... «J'ai été très affecté par tout ce qui s'est produit à Gentbrugge», avoue-t-il. «Je me sens, bien évidemment, très concerné par tout cela. Quand je vois tous ces efforts réalisés par la direction pour ramener le club au sommet, je me demande s'il ne serait pas utile d'avoir recours à la vidéo pour juger les arbitres. N'a-t-on pas agi de la sorte pour sanctionner Roberto Carlos contre le Bayern?»

© Les Sports 2004

Frédéric de Biolley

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