Football

Par voie de communiqué, le Standard a décidé d'interjeter appel de la sanction infligée à son coach après les incidents du match de Coupe de Belgique face à Anderlecht de la semaine dernière.

"Au regard du caractère disproportionné de la sanction infligée envers son entraîneur, Ricardo Sa Pinto, le Standard de Liège estime ne pas avoir d’autre choix que d’aller en appel de ce jugement" explique le club liégeois dans le communiqué diffusée ce mercredi matin sur son site internet.

Cet appel sera jugé ce vendredi avant la rencontre qui opposera le Standard à Waasland-Beveren.

La Commission des Litiges l’a suspendu pour trois matches importants : à Beveren, à Ostende en Coupe et contre Gand.

L’arrivée de Ricardo Sa Pinto au siège de l’Union belge, suite à son exclusion de zone neutre au stade Constant Vanden Stock, a été immortalisée par de nombreux photographes. La salle réservée à la Commission des Litiges était pratiquement trop petite pour accueillir l’ensemble des journalistes, qui ont occupé tous les sièges mis à leur disposition. Et les débats n’ont pas déçu car, une heure durant, ce sont deux versions complètement opposées qui se sont affrontées : celle du procureur réclamant six matches de suspension et une amende financière "très sévère pour faire un exemple" et celle du Standard, contestant la validité de l’exclusion vu que le match aurait dû être interrompu.

En fin d’après-midi, la Commission a rendu son verdict : deux semaines de suspension (du 7 au 21 décembre) et une amende financière (1000 euros). Il louperait donc les matches à Waasland-Beveren, à Ostende et contre La Gantoise. À cette heure, la direction liégeoise n’a pas encore communiqué sa décision et peut attendre jusqu’à jeudi (12h) pour faire appel.

1) Exclusion irrecevable : est-ce possible ?

Pierre Locht, le directeur juridique du Standard, a longuement démontré que l’arbitre de la rencontre, Luc Wouters, n’avait pas tenu compte du règlement. Après avoir renvoyé les deux équipes au vestiaire suite à un deuxième arrêt de la rencontre, il aurait dû stopper définitivement les débats dès le prochain incident. "Le nouveau règlement, établi depuis deux ans suite à un Charleroi-Standard, prévoit que l’arbitre n’a pas un pouvoir souverain dans ce domaine et, dans le cas qui nous occupe, n’avait donc plus le choix : il devait arrêter le match. C’est une règle administrative."

Dans son jugement, la Commission des Litiges explique "ne pas être compétente pour juger des faits provoqués par les supporters d’Anderlecht, ni pour juger la décision d’arrêt du match qui aurait pu être prise."

Dès ce moment, l’argument émis par le club ne pouvait plus être pris en compte. "Nous sommes présents pour l’affaire qui concerne Monsieur Sa Pinto, pas pour le comportement de certains fans anderlechtois. Cette affaire sera traitée la semaine prochaine", affirmait le procureur.

2) Pourquoi le coach a-t-il été exclu de la zone neutre ?

Dans son rapport, l’arbitre explique que le quatrième officiel avait déjà signalé que Ricardo Sa Pinto avait quitté sa zone technique à deux reprises (aux 16e et 31e minutes). "Et à la 74e minute, il sort une troisième fois de sa zone. À ce moment, il y a le jet d’un gobelet en plastique entre le quatrième arbitre et Ricardo Sa Pinto… qui ne pouvait pas être à cet endroit. Ensuite, Monsieur Sa Pinto attend une ou deux secondes puis se laisse tomber", explique le procureur.

Une version démentie par Pierre Locht. "Ricardo Sa Pinto n’a pas arrêté le jeu car il l’était déjà à ce moment bien précis. Il ne se roule pas par terre et ne réclame pas l’aide du staff médical. Il veut simplement montrer à l’arbitre ce qu’il vient d’arriver. Il se relève lorsque le referee arrive et demande qu’on applique le règlement. Ensuite, il regagne calmement son banc mais lorsqu’on lui signifie qu’il est exclu, il n’insulte et ne touche personne."

3) Pourquoi le procureur a-t-il été si sévère ?

Le procureur voulait une sanction exemplaire : deux semaines de suspension pour son attitude avant son exclusion et quatre semaines pour son comportement après son exclusion. Une punition particulièrement importante. "Monsieur Sa Pinto avait déjà été exclu de zone neutre il y a deux mois", disait-il. "Quand il a pris connaissance de son exclusion, il est revenu vers l’arbitre de façon hyper agressive et deux ou trois joueurs ont dû l’arrêter pour protéger Monsieur Wouters. Il peut remercier son staff et ses joueurs car sinon, cela aurait pu être plus grave."

Une théorie assez surprenante dans la mesure où elle repose sur de simples supputations, ce qui est assez léger dans une telle affaire. "C’est une proposition scandaleuse du parquet, qui prend beaucoup de largesses avec le tableau des punitions", réagissait Pierre Locht. "Lors d’un Antwerp-Standard, Monsieur Bölöni a mis deux minutes et une seconde pour quitter la zone neutre après une exclusion, tout en revenant vers l’arbitre à trois reprises. Il a été condamné à 1.000 euros d’amende, dont 500 avec sursis."

La Commission des Litiges a plus ou moins entendu cet argument. "Les images démontrent la virulence de son attitude […] Quelle que soit l’injustice que ressentent des joueurs ou entraîneurs professionnels, ils ne doivent jamais perdre de vue le rôle d’exemple qui devrait rester le leur."