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Forcément, on va désormais le voir avec d'autres yeux. Jusqu'ici, Tom Soetaers était un peu considéré en équipe nationale comme un jeune réserviste sans beaucoup d'importance, content d'être là et bien calé sur le banc de touche sans faire vraiment de l'ombre à Bart Goor: six sélections, quatre capes et vingt et une minutes, à peine, jouées, son bilan vaut tous les discours.

Un statut à assumer

Mais aujourd'hui, puisqu'il porte le maillot prestigieux de l'Ajax Amsterdam, son statut, qu'il le veuille ou non, va irrémédiablement changer.

Bombardé titulaire, dimanche dernier, dans son nouveau club, quarante-huit heures à peine après y avoir paraphé un contrat de quatre ans, voilà l'ancien joueur d'Anderlecht et de Roda dans le groupe des Diables Rouges avec une nouvelle étiquette dans le dos. Un nouveau statut qu'il devra naturellement assumer. «Je suis évidemment très heureux de ce qui m'arrive, sourit-il, mais je garde les pieds sur terre. Ce n'est pas parce que j'ai signé à Amsterdam que toutes les portes vont s'ouvrir. Je ne me vois pas revendiquer quoi que ce soit en équipe nationale. A moi de prouver ma valeur dans mon club et le reste suivra. Je sais que Goor est un monument ici et qu'il mérite ce statut.»

Bart Goor, c'est déjà lui qui avait bloqué l'ascension de Soetaers à Anderlecht. Coincé sur le banc parce que le capitaine des Diables était inoxydable, jamais blessé et jamais fatigué, le petit Tom, 1,73m, se réfugiait à Roda, en janvier 2000. Beaucoup se disaient alors qu'il disparaîtrait dans les limbes, mais aujourd'hui, il rejoint la secte des footballeurs belges qui ont dû émigrer pour être reconnus.

«Supporter d'Anderlecht»

«Je ne nourris aucune revanche, ni contre le football belge ni contre Anderlecht. Au Sporting, je n'ai joué que six matchs en équipe A, et jamais comme titulaire. Mais c'est l'équipe qui m'a formé comme footballeur et je ne l'oublierai jamais. Je reste d'ailleurs supporter des Bruxellois. Je suis allé les voir, mercredi passé, contre Cracovie, et j'ai sauté à chaque but... Dans la vie, il faut faire des choix et quand je vois qu'aujourd'hui je joue à l'Ajax, je me dis que je ne me suis pas trompé.»

Demain soir, Tom Soetaers devrait, comme tous les Diables, jouer au moins une partie de la rencontre. Et retrouver des équipiers, même si finalement, il y a plus d' Ajacides dans la sélection belge que dans la sélection de Dick Advocaat...

«Trois contre deux, c'est vrai qu'on en a rigolé dans le vestiaire. Bien évidemment, un Belgique - Hollande n'est jamais vraiment une rencontre amicale et les joueurs néerlandais appartiennent tous au gratin européen. C'est impressionnant mais je crois que les Belges ont d'autres qualités: la rigueur tactique ou encore la mentalité. En tout cas, pas question d'avoir peur, demain soir.»

© Les Sports 2003