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Il y avait hier comme un air de déjà-vu. Car, en voyant Georges Leekens et Philippe Vande Walle côte à côte en bordure de terrain, chacun se disait encore que seul le survêtement de l’équipe nationale leur manquait. Pour Long Couteau, la page de l’équipe nationale pourrait d’ailleurs être plus difficile à tourner qu’il n’y paraît. "Les critiques ne m’effraient pas mais je veux simplement dire que je n’ai pas choisi la solution de facilité. Je suis vraiment content que Marc Wilmots ait été désigné et je reste supporter des Diables. Ils iront simplement au Brésil sans moi."

Place à Bruges où Leekens tente, bon an mal an, de récolter l’unanimité à son sujet. "Je veux avant tout créer une bonne ambiance. Cela ne sert à rien que les joueurs soient stressés en permanence. Mais je suis aussi là pour leur donner cette culture de la gagne."

De là à annoncer des objectifs chiffrés, il restait hier plus d’un pas que papa Georges refusait de combler. "Je ne vais pas vous dire si l’on veut être 3 e , 2 e , ou 1 er . Il faut que l’on arrête d’être arrogant et ne pas commencer à crier que l’on sera champion. Le titre n’est pas un must. On veut le faire mais on ne doit pas le faire."

Présent à l’entraînement comme un inspecteur des travaux finis ("je vais surtout me contenter d’observer les premiers jours"), Georges Leekens allait barrer la route de tous ceux qui s’apprêtaient à lui demander le pourcentage de chances qu’il s’attribuait.

"Je ne parle plus de pourcentages. Cela m’a joué des tours dans le passé (NdlR : Leekens avait déclaré avoir effectué 90 % du travail avec les Diables). Je ne me laisserai plus prendre."

Avant d’ajouter quelques minutes plus tard comme si le propos s’était déjà égaré. "Je suis à 300 % au Club de Bruges".

En attendant l’ancien homme fort de la maison de verre semble bel et bien avoir balisé son terrain. Alors que les récents transferts de Buysse et Jorgensen portaient déjà sa griffe, Georges Leekens ne devrait pas tarder à boucler d’autres dossiers. "En principe, personne ne part même si l’on ne sait jamais ce qui peut arriver. J’attends encore trois renforts. Je veux un défenseur central, un attaquant et un ailier mais ne comptez pas sur moi pour vous refiler des noms. Je dois tenir compte des questions de budget."

Et tant pis si le noyau brugeois se gonfle en laissant la déception des réservistes grimper. "Mais moi j’ai besoin de plus de concurrence. Je suis là pour qu’il y ait un collectif. Avec mes joueurs, on aura tout le temps de faire connaissance."

Hier, après deux heures d’entraînement, la distance entre Leekens et ses hommes semblait déjà tombée.