Football

Durant un mois, leur téléphone sonnera davantage. Les kilomètres avalés en train, en avion ou en voiture vont s’accumuler plus que de raison.

Le mercato, qui a ouvert ses portes le 1er janvier et qui se terminera le 31 à minuit, représente un pic d’activité traditionnel pour les agents.

Mais résumer ces hommes de l’ombre au fait d’encaisser des commissions sur le dos de leurs joueurs est un raccourci aussi souvent emprunté qu’erroné.

"Pour beaucoup", explique un agent bien introduit en Belgique et en France, "le mercato est le moment où les agents s’en mettent plein les fouilles alors que non. Au contraire. Un bon conseil au bon moment peut changer le cours d’une carrière. Il faut être proche de ses joueurs en étant objectif. L’entourage familial n’a souvent pas le recul que peut avoir un agent, qu’il soit bon ou mauvais d’ailleurs et peut être aveuglé par l’aspect financier au détriment du sportif. On ne s’improvise pas agent."

Le plus souvent, on le devient au fil d’une carrière, d’une démarche réfléchie comme celle de Khalilou Fadiga pour qui cette reconversion est apparue comme une évidence.

"Souvent, les gens m’ont vu dans ce rôle-là", sourit le Sénégalais. Nouveau dans la profession, Fadiga conçoit son rôle de manière très précise.

"Etre un bon agent, ce n’est pas que prendre l’argent au moment du transfert. C’est un accompagnement", définit-il. "Un agent doit aussi être un ami, un confident et doit aider son joueur pour qu’il ne se retrouve pas sans un balle à la fin de sa carrière. Un joueur doit se concentrer sur le terrain et son agent doit faire le maximum pour pouvoir l’aider dans ses à-côtés avec son entourage."

Oreille attentive, l’agent a aussi l’œil sur les performances de son poulain durant toute la saison.

"Lorsque le joueur a été bon, on le lui dit, lorsqu’il a été moins bon aussi", indique Yuri Selak qui s’occupe notamment des intérêts de Jérémy Perbet. "Nous sommes également en contact avec les entraîneurs et les directeurs sportifs qui nous font part également de leur avis."

Certains consacrent également une partie de leur temps à défricher de nouveaux terrains. Star Factory, la structure où collaborent par exemple Didier Frenay et Nico Vaesen, prospecte actuellement au Brésil.