Football

Ça rigolait bien, hier, à l'entraînement d'Anderlecht. «Mettez vos patins à glace, les gars», disait Hugo Broos à ses joueurs, qui ne faisaient que perdre leur équilibre sur le sol gelé du terrain B. Pourtant, ils étaient venus au stade contre leur goût. La raison: la Supercoupe écourtait leurs vacances de cinq jours. «Ça ne vaut même plus la peine de partir en Côte-d'Ivoire, expliquait Aruna Dindane, qui avait quitté l'entraînement après un coup de Lovré. Je ne sais partir que le 24 et je dois être revenu le 2: cela fait cinq jours sur place. Je ne sais pas encore si je vais y aller. Mais nous sommes professionnels, donc nous serons concentrés.»

Il n'était pas le seul à se plaindre. «C'est dommage que le match à Mons n'ait pas été notre dernier rendez-vous de l'année, lançait Nenad Jestrovic. On perd cinq jours. Mais bon. Apparemment, il faut que ce match se joue.»

Comme d'habitude, Olivier Deschacht ne mâchait pas ses mots et employait carrément du langage de vestiaire. «Ce match nous emm... lâchait-il. Tout le monde se croit déjà en vacances. C'est le match de trop. Il ne nous intéresse pas. Puisqu'on ne le joue que maintenant et pas en début de saison, il a fameusement perdu de sa valeur. Le prestige? C'était la semaine passée, le match de prestige contre Bruges. Et pour le prestige final, je vous renvoie au mois d'avril ou de mai, quand le champion sera connu.»

Même Pär Zetterberg n'était pas content de pouvoir jouer au foot, sa famille étant déjà partie en Suède. «Anderlecht était d'accord de jouer en janvier. On a eu le programme le plus lourd de toutes les équipes belges, avec cette Ligue des Champions. Mais bon, ça reste la Supercoupe entre les deux meilleures équipes du pays. Il ne faudra pas rigoler non plus, même s'il n'y a pas de points à perdre. Disons que si l'adversaire n'avait pas été Bruges, cela aurait été un véritable match amical.»

Oleg Iachtchouk a déjà gagné deux Supercoupes, contre Genk et Westerlo. «Mais on n'avait pas fêté ces victoires, ça ne nous dit rien. En Angleterre, c'est un trophée comme un autre, ici, il n'a pas de valeur. Ces victoires sont inscrites sur mon palmarès, mais c'est vraiment tout.»

Un vrai professionnel

Michal Zewlakow venait d'avoir son frère Marcin sur son téléphone portable. «Lui, il est déjà retourné en Pologne. Il m'a charrié en me disant: «Tu m'enverras quand même un SMS avec le résultat? » Ce n'est pas facile de se préparer pour un match pareil quand tous les clubs sont en congé. Mais nous sommes des pros: il faudra le jouer ce match.»

On aurait pu croire qu'Yves Vanderhaeghe, qui vient de récupérer sa place de titulaire, aurait été content de rejouer contre les Brugeois. Eh bien, non! «La date tombe très mal, il y a les blessés qui préfèrent se reposer, il y a ce terrain qui était gelé aujourd'hui... Savez-vous quel est le sentiment qui règne dans le groupe? Je ne le cache pas: c'est un sentiment de déception. On aurait préféré avoir des vacances, mais soit: dès qu'on sera sur le terrain, on voudra gagner ce match.»

Heureusement, il y a un vrai professionnel à Anderlecht: Jan Van Steenberghe. «Oui, moi je suis content de jouer, disait le gardien. Et cela n'a rien à voir avec le fait que je sois titulaire ou non. D'ailleurs, l'entraîneur ne m'a encore rien dit personnellement. Le temps est magnifique et on a l'occasion de faire ce qu'on aime tellement: jouer au football. Alors, pourquoi se plaindre pour deux fois une bonne heure d'entraînement et un match? D'ailleurs, si on ne joue pas ce match, il faut quand même aller courir individuellement au bois. Est-ce que c'est plus gai? D'accord, ce match vient trop près du match de championnat, mais ce n'est pas si grave que ça...»

© Les Sports 2004