Les Diables au pied du mur

J.-C.M. Publié le - Mis à jour le

Football

Après deux rencontres de phase éliminatoire de la Coupe du monde 2014, les Diables Rouges affichent les mêmes statistiques que lors des élimininatoires de la Coupe du monde 2010 (courte victoire à Bruxelles contre l’Estonie et partage à Istanbul) et ils comptent quatre points de plus qu’à l’issue de leurs deux premiers matches calamiteux (défaites à domicile contre l’Allemagne puis contre la Turquie quatre jours plus tard) de la campagne d’avant championnat d’Europe 2012.

On rappellera que les Belges n’ont disputé aucune des phases finales de ces deux grandes compétitions.

S’agissant de la phase préparatoire au Mondial sud-africain, les Diables ont terminé quatrièmes du groupe 5, avec 10 points en 10 rencontres; pour ce qui concerne le tournoi qualificatif à l’Euro, disputé en Pologne et en Ukraine, ils échouèrent à la 3e place, avec 15 points contre 17 à la Turquie, deuxième, et 30 à l’Allemagne.

Que faut-il penser de la situation actuelle des troupes de Marc Wilmots ? Beaucoup estiment qu’elle est intéressante. Quatre points sur six, ce n’est pas mal du tout argumentent-ils. Mathématiquement, c’est vrai. Mais les chiffres nous semblent trompeurs.

La victoire au Pays de Galles fut acquise contre une équipe dont la faiblesse est sidérante. En témoigne la dégelée prise par les Gallois en Serbie (6-1). Quand Kompany prétend que beaucoup d’équipes perdront des points à Cardiff, on n’est pas obligé de le suivre.

Gaspiller des unités à domicile est, de l’avis des vieux experts de la chose fooballistique, toujours très embêtant. Ces points perdus, il faut aller les reprendre hors de ses bases.

De ce point de vue, ce sont donc les Croates (il est vrai 9es au classement mondial) qui ont fait la bonne opération mardi car aller les dominer à Zagreb sera tout sauf une mission aisée. Il nous semble bel et bien que leurs quatre points sont plus "intéressants" que ceux des Diables.

Ces derniers sont déjà au pied du mur. Leur prochain match consiste en un déplacement hasardeux en Serbie. Les troupes de Mihajlovic comptent, elles aussi, quatre unités.

Quatre unités grappillées à la faveur d’un partage en Ecosse, où il est plus délicat de se rendre qu’au Pays de Galles, et d’une victoire sans bavure contre Bale et les siens.

Depuis dix ans, les Serbes soufflent le chaud et le froid. Premiers de leur groupe lors des éliminatoires pour la Coupe du monde 2006 (devant l’Espagne, la Bosnie et la Belgique), ils échouèrent à la 3e place de leur groupe pour l’Euro 2008 (la Belgique, 5e, fut encore moins glorieuse) puis se qualifièrent pour la Coupe du monde 2010 mais pas pour l’Euro 2012.

Cela dit, leur dernière défaite à domicile remonte au 31 mars 2004, contre la Norvège. En outre, leur équipe recèle quelques perles, comme Alexandre Kolarov, équipier de Vincent Kompany à Manchester City, Branislav Ivanovic, pensionnaire de Chelsea, ou encore le jeune espoir Lazar Markovic, 18 ans et promis, sauf surprise, à un très brillant avenir.

Pour demeurer au contact, les Belges (désormais 40e au ranking de la Fifa alors que leurs adversaires du 12 octobre prochain sont tombés à la 42e place) ne peuvent donc pas perdre en Serbie et ils auraient même tout intérêt à "gommer" le résultat en demi-teinte de mardi soir par un succès probant.

Cela serait rentable d’un strict point de vue mathématique mais aussi sur le plan psychologique, avant d’accueillir l’Ecosse, le 16, au stade Roi Baudouin.

Car on doute que, pendant cette même période, la Croatie perde des plumes en Macédoine et à domicile contre le Pays de Galles.

Bref, il n’est vraiment plus temps de tergiverser. Mais ça, on le savait déjà.

Publicité clickBoxBanner