Football

ÉCLAIRAGE

Le torchon brûle entre la Fédération et la ville de Bruxelles. Ou, plus exactement, c'est le silence radio entre les deux partenaires, la ville n'ayant pas répondu, malgré un rappel, aux missives de doléances de l'Union Belge.

Le contrat actuel entre les deux partenaires oblige l'équipe nationale à se produire au stade Roi Baudouin. Depuis la saison passée, l'URBSFA a obtenu une dérogation pour pouvoir délocaliser un match par an.

Ce contrat, qui prend fin en 2007, sera-t-il renouvelé? Dans l'état actuel des choses, c'est exclu, et il y a peu de chances qu'il puisse en être autrement, car de nombreux inconvénients sont tout simplement d'ordre structurel.

Voici les principaux griefs que la direction du football belge formule à l'égard du propriétaire du stade du Heysel:

La problématique de la clôture. Selon les nouvelles normes internationales, elle doit être amovible pour pouvoir être enlevée lors des matches qui ne présentent pas de risques. Ce n'est pas le cas.

La tribune et la salle de presse ne répondent plus aux normes internationales.

La problématique du catering oblige la fédération à monter une tente à l'occasion de chaque match. Coût: 25000 €.

L'absence de loges et de business seats, présents dans tous les autres stades un peu modernes, empêche de recevoir, comme il se doit, les sponsors (donc ceux qui «banquent») et leurs invités.

L'interdiction de placer des spectateurs belges dans le bloc 2, dès qu'il y a quelques supporters visiteurs, malgré une zone tampon. D'où, des pertes pouvant aller jusqu'à 10000 spectateurs.

La piste d'athlétisme qui casse la moitié de l'indispensable ambiance pour un match de football, mais indispensable en raison du Van Damme.

La location obligatoire du parking C (15500€) et l'interdiction de faire payer ses utilisateurs.

La taxe portée à 0,8€ par spectateur est la goutte qui a fait déborder le vase.

Construit avec des miettes

Certes, la location proprement dire du stade (33500€) n'est pas excessive, et nettement moins élevée que pour ceux qui le louent au coup par coup (124000€), mais si on y ajoute les frais de catering, de parking, les taxes et les 500 stewards et 190 contrôleurs, on arrive à une somme trop importante, estime le secrétaire général de la fédération.

Comment est-il possible que ce stade, préparé pour l'Euro 2000 soit déjà totalement dépassé? «Parce qu'il a été construit avec des miettes (sic), considère Jean-Paul Houben. Nous avons visité le stade de Cologne, qui peut aussi contenir 50000 spectateurs. C'est une enceinte idéale, mais elle a coûté 136,5 millions d'euros, soit 5,5 milliards de francs belges, alors que les deux constructions successives du stade Roi Baudouin n'ont pas dépassé 35 millions d'euros, soit 1,4 milliard de francs belges. Il n'y a pas de miracle.». On peut diminuer les taxes mais pas, dans l'état actuel des finances publiques, reconstruire un tout nouveau stade à l'image des réalisations érigées en Angleterre, en Allemagne ou aux Pays-Bas. Dès lors...

© Les Sports 2004