Les Diables rouges souverains à Cardiff (0-2)

Thibaut Roland Publié le - Mis à jour le

Football

Le pays de Galles, Gareth Bale, Joe Allen, Aaron Dempsey et... c'est à peu près tout. Pour débuter cette campagne qualificative pour la Coupe du monde au Brésil, les Diables rouges partaient favoris. Eden Hazard, Thomas Vermaelen, Vincent Kompany, Axel Witsel, Marouane Fellaini, soit autant de noms qui font trembler l'Europe entière, voila qui devait directement assurer un triomphe facile à nos joueurs en terre galloise. Mais ce groupe, c'est à peu près le même que celui qui n'a pas été capable de battre l'Azerbaïdjan à Bakou, celui qui a raté son ticket pour l'Euro 2012. Bref, un noyau talentueux mais encore vierge de tout tournoi majeur.

Si les fans étaient rassurés par les Diables version Wilmots, il restait encore au sélectionneur à prouver que la victoire 4-2 face aux Pays-Bas n'était pas qu'un coup d'éclat. Et à cette fameuse génération dorée de confirmer son statut d'équipe la plus douée depuis les grandes heures des années 80.

Dries Mertens, plus qu'un joker

Le match commence en mode mineur. Les Diables tentent de passer par les ailes mais le double rideau défensif imposé par les Dragons empêchent les Mertens et autres Dembélé de véritablement s'exprimer. Et à la 10e minute, c'est même l'équipe locale qui se crée la première occasion nette. Lancé en profondeur, David Edwards profite d'une erreur de Guillaume Gillet pour tirer. Heureusement, il ne trouve que le petit filet. Les Diables répondent timidement via une tentative de Fellaini, sans danger toutefois pour le gardien Myhill.

Peu avant la 20e minute, Gareth Bale entame sa première chevauchée sur son flanc. Il centre dans le rectangle mais ne trouve personne. Clairement, les Gallois jouent le contre et comptent bien profiter du point faible des Belges: les backs. Plusieurs fois dans la partie, Vertonghen sera dépassé par la puissance de Bale, son coéquipier à Tottenham.

Heureusement, les forces de la bande à Willie se situent ailleurs. Le coach national peut compter sur un Dries Mertens des grands soirs. Utilisé comme joker face aux Néerlandais, l'ailler de poche du PSV est cette fois titulaire. Et le joueur saisit sa chance à pleines mains. Il arme d'abord un centre parfait pour Thomas Vermaelen. Mais le défenseur d'Arsenal est bien gêné par la défense adverse. Dans la foulée, il tente un solo dans la surface mais manque la cible.

Ô Capitaine ! Mon Capitaine !

A la 25e minute, tournant du match. James Collins se rue toutes semelles dehors sur la cheville de Gillet. L'arbitre va directement à la poche et... exclut le (trop) rugueux défenseur. Tout profit pour la Belgique qui voit donc la défense des Dragons se dégarnir. Hazard en profite pour centrer en direction de Big Mo. Mais ni lui, ni Mertens ne cadre leur frappe.

Et quand les attaquants ne trouvent pas le chemin du but, il faut bien un taulier pour débloquer la situation. Cet homme, c'est Vincent Kompany. En pleine maturité, le meilleur joueur de la Premier League<:i> est à la réception d'un corner tiré par... Dries Mertens à la 41e minute. Les buts de la tête, la marque de fabrique de Vince the Prince depuis un certain derby de mai contre Manchester United. Le capitaine des Diables libère son équipe juste avant la mi-temps.

Les Dragons en enfer

Au retour des vestiaires, les Belges enfoncent le clou. Mertens, encore lui, mais aussi Lukaku (monté à la mi-temps à la place de Kevin Mirallas) essayent de faire le break. Inspiré par son pote Kompany, l'autre arrière-central Vermaelen s'essaye lui aussi à l'attaque. Mais son tir achève sa course dans le petit filet à l'heure de jeu.

C'est à ce moment que le public de Cardiff croit en sa bonne étoile. A la 60e minute, Gareth Bale, est à deux doigts de devenir le sauveur de la nation. Son coup franc fulgurant part comme... une balle. Mais Thibaut Courtois, contraint au chômage technique, se détend parfaitement pour dévier l'envoi de l'ailier gallois. Les Dragons ont laissé passer leur chance, car dans les minutes qui suivent, il n'y en a plus que pour les joueurs noir-jaune-rouge. De Bruyne notamment ouvre parfaitement pour Lukaku à la 75e. Mais l'attaquant de West Brom manque son contrôle et ne peut conclure.

Si Gareth Bale possède une sacrée frappe de balle, Jan Vertonghen ne se débrouille pas mal non plus dans l'art délicat du coup franc. A la 83e, le back gauche explose littéralement la cage de Myhill en frappant à près de 112 km/h. Une véritable patate qui porte le score à 0-2. On en restera là, sous les désormais célébrissimes "Waar is de feestje ?" du public belge.

Premier pas vers Brasilia

Certes, la victoire, même à l'extérieur, était attendue. Toujours est-il que si le résultat est là, les Diables ont mené le match tambour battant, avec la manière. Et surtout avec une envie constante d'aller vers l'avant. L'effet Wilmots ? Trop tôt pour le dire. Mais la course à la Coupe du monde commence de la plus belle des façons.

Dix ans sans tournoi majeur, une absence incompréhensible à l'Euro, les Belges n'ont plus le choix: il faut être de la partie au Brésil en 2014. Si le chemin est encore long, les Diables ont franchi la première épreuve avec succès. Rendez-vous dès ce mardi pour une confirmation face à la Croatie ?

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