Football Une cinquantaine de journalistes sportives brésiliennes ont décidé de prendre la parole et de dénoncer le harcèlement dont elles sont victimes au bureau ou près des terrains. Minoritaires dans un milieu peuplé d'hommes, elles ont lancé le mouvement #DeixaElaTrabalhar (Laissez-la travailler) dans une vidéo postée dimanche sur Twitter.

L'une d'elles, Bruna Dealtry, journaliste pour la chaîne Esporte Interativo, a témoigné face caméra. Elle explique avoir été embrassée de force par un supporter de football alors qu'elle était en reportage dans une fanzone. Sur son compte Facebook, la journaliste a écrit : " Un baiser sur la bouche, pendant que je faisais mon travail [...]. Aujourd'hui, je ressens la même impuissance que beaucoup de femmes ont éprouvé dans les stades, dans le métro, ou même en marchant dans la rue".



La campagne a reçu le soutien d'une dizaine de clubs de football brésiliens et s'inscrit dans la lignée du mouvement international #MeToo. Le club de Cruzeiro de Belo Horizonte a tweeté la vidéo avec comme message : " La place de la femme est où elle veut être, au stade, dans la rue, ici ou là. Les femmes veulent juste que leurs droits soient respectés. Sans harcèlement".



Dans une interview accordée à Konbini, Isabela Pagliari, correspondante en France pour la chaîne Esporte Interativo, estime qu'il y a une différence entre les deux pays : " On souffre beaucoup dans notre travail. Je trouve qu'en France, les gens respectent plus les femmes qu'au Brésil. Mais j'ai aussi vécu des situations bizarres ici [en France]. On m'a dit qu'Ibrahimovic  s'arrêtait pour moi dans la zone mixte [la zone réservée aux journalistes pour leurs interviews après un match]  parce que j'étais belle par exemple. C'est ce type de comportement dont on ne veut plus. On ne veut plus que les mecs nous rabaissent car on a étudié et travaillé pour en arriver là. On a des compétences !"