Football

Les ministres des Sports de l'Union européenne ont averti l'UEFA, vendredi, que sa nouvelle réglementation prévoyant d'imposer des quotas de joueurs formés par les clubs allait forcément être attaquée en justice.

A l'issue d'une conférence de deux jours, les 25 ministres ont décidé de consulter leurs fédérations nationales de football pour obtenir davantage de détails. Mais ils ont affirmé que les nouveaux règlements de l'UEFA devaient se conformer aux règles européennes de non-discrimination.

A partir de la saison prochaine, pour disputer une compétition européenne, les clubs devront disposer d'un effectif de 25 éléments contenant au moins deux joueurs formés au club et deux autres ayant été formés par des équipes du même pays.

Les quotas, approuvés lors de la conférence annuelle de l'UEFA la semaine dernière, seront encore plus exigeants à partir de la saison 2008-2009. Le nombre obligatoire de joueurs formés par les soins du club passera à quatre, comme celui des joueurs formés dans le même pays.

«Je n'ai aucun doute qu'une bataille judiciaire est à venir», a déclaré, vendredi, le ministre britannique des Sports, Richard Caborn. «Nous devons nous assurer qu'il y a accès au sport pour tous.» Les ministres ont estimé que les nouveaux règlements de l'UEFA pouvaient être considérés comme une forme de discrimination indirecte.

Avec cette mesure, l'UEFA espère limiter les effets d'une décision de la Cour européenne prise il y a 10 ans interdisant de limiter le nombre de joueurs non-nationaux dans les clubs de l'Union européenne. A l'époque, la plupart des championnats européens autorisaient un maximum de trois joueurs étrangers par équipe.

L'arrêt Bosman a permis aux clubs les plus riches, comme par exemple le Real Madrid, d'assembler des talents venus du monde entier et de négliger la formation des jeunes joueurs.

Des clubs moins fortunés ont eux aussi été attirés par l'étranger, particulièrement l'est de l'Europe et la Scandinavie, où les joueurs sont moins chers.

© Les Sports 2005