Football Les deux joueurs étaient alignés tous les deux dès le coup d’envoi du match.

Que faire quand on possède dans son noyau deux attaquants de grande classe et ambitieux au possible ? On les aligne de concert, histoire d’éviter les frustrations de l’un et de l’autre. "Les bons joueurs peuvent évoluer ensemble", avait d’ailleurs expliqué José Mourinho, dans le but de désamorcer le problème de luxe auquel il est confronté depuis le retour de blessure de Zlatan Ibrahimovic.

C’est ainsi que dans le 4-2-3-1 proposé face à Burnley, Romelu Lukaku était épaulé par Ibra, placé un rien derrière dans un rôle assez libre (on l’a vu décrocher et s’exporter sur les flancs). Comme si le Special One tentait un coup à la Wayne Rooney, qui s’était lui aussi reconverti en meneur de jeu à la fin de sa carrière à Manchester. "Pour moi, le n°10 est celui qui fait la différence, qui est le leader, et je me vois bien à ce poste", avait quant à lui déclaré le géant au catogan.

C’est la première fois que les deux joueurs étaient titularisés ensemble dès le début de la partie. À chaque fois, c’était un Suédois convalescent qui entrait au jeu en fin de rencontre à la place d’un ailier pour soutenir Lukaku dans sa tâche dans le dernier quart d’heure.

L’idée pouvait sembler bonne : Lukaku comme point d’appui et Ibrahimovic qui pouvait surgir, tout comme Marcus Rashford ou Juan Mata.

Sauf que le moins que l’on puisse dire, c’est que cette première expérience avec Zlatan dans un rôle inédit ne s’est pas révélée concluante. Les deux hommes se sont peu trouvés, comme si l’alchimie entre eux était inexistante. Résultat, Big Rom’ se retrouvait assez isolé devant, en témoigne son nombre de ballons touchés à la demi-heure (une dizaine à peine).

Pas facile pour un joueur comme lui, qui a besoin d’espace, d’exister au milieu du bloc défensif ultra-compact et reculé des Clarets , il est vrai

Pire, sur le premier but, c’est Lukaku qui remettait le ballon directement sur Ashley Barnes, sur le coup franc de Gudmundsson. Comme une preuve que le joueur n’est pas dans son assiette ces temps-ci. À cause de la présence trop imposante d’un autre avant-centre, justement ?

Souvent deuxième sur le ballon, le Belge semblait en tout cas emprunté et livrait une première période éteinte.

Mené 0-2 sur son terrain par la révélation de la saison, Mourinho n’avait pas le choix, il fallait changer quelque chose à la mi-temps. Et c’est Zlatan qui a été sacrifié. Pour le moment, Lukaku reste bel et bien "intouchable", comme le qualifiait le coach des Red Devils il y a quelques semaines.

Un choix payant, car c’est Jesse Lingard, entré à la place de Sa Majesté Zlatan, qui offrira le point du nul à United grâce à son doublé.

Plus participatif en seconde période, Lukaku ne s’est pas pour autant montré plus efficace : une seule tentative au but, une présence aérienne réduite (un seul duel gagné, trois fois moins que son rendement moyen), c’est peu quand on connaît ses capacités…

Petite consolation tout de même, c’est lui qui isole Ashley Young sur la droite, avant que ce dernier ne serve Lingard sur le premier but mancunien. Pour un gagneur comme Romelu, c’est là encore trop peu.

Cette première pige loupée suffira-t-elle à ranger cette option aux oubliettes, au risque d’embraser le vestiaire ?