Lukaku n’est pas prêt

Yves Taildeman Publié le - Mis à jour le

Football Entretien

Ce matin, Romelu Lukaku fera plus que probablement partie de la sélection de Georges Leekens pour Finlande - Belgique de mercredi prochain. Sa montée au jeu spectaculaire contre TNS aura éliminé tous les doutes du coach fédéral. Mais sa sélection ne fait pas l’affaire d’Anderlecht.

Cela fait déjà quelques semaines que ce match de l’équipe nationale inquiète le Sporting, mais le sujet est délicat. Cette fois, le responsable de la presse, David Steegen, a accepté que le docteur Sas s’explique. "Tout d’abord, je suis belge et donc supporter des Diables Rouges, dit le médecin principal du Sporting. Je veux donc que la meilleure équipe joue. A condition que les joueurs soient prêts au niveau médical et physique, sauf quand les circonstances exigent que certains risques soient pris."

Lukaku, n’est-il pas prêt ?

Vu sa montée au jeu contre TNS, on dirait que oui. Il était frais et affûté. Mais cela ne signifie pas qu’il est prêt au niveau physique, musculaire, cardio-vasculaire, etc. Il n’a pas travaillé son endurance, sa détente et sa vitesse. Sa blessure au tendon rotulien du genou est guérie, mais nous travaillons énormément la prévention d’autres blessures. L’équilibre reste très fragile. Il n’a couru que trois ou quatre kilomètres en cinq semaines. Il ne s’est entraîné que deux fois en groupe.

Pourquoi l’avoir fait monter au jeu contre TNS ?

Parce qu’un prochain pas, c’est de lui donner du rythme de match. Plus que 20 minutes n’était pas conseillé. Sa blessure au genou n’est vraiment guérie que depuis quatre jours. La fatigue augmente le risque de blessures. Et aussi le niveau du football. En équipe nationale, c’est le plus haut niveau.

Donc, vous conseillez à Leekens de le laisser à la maison.

C’est difficile. On comprend qu’il le laisse jouer un peu. Mais cela signifie qu’on le perdrait quatre jours pendant lesquels il aurait pu travailler sa revalidation. Pour le staff médical de l’équipe nationale, que je trouve très compétent, il est quasi impossible de s’intégrer dans le schéma de rééducation du joueur. Il est évident qu’il est plus opportun qu’il reste ici. Mais nous ne prenons pas la décision finale. Et vu sa formation médicale, je suis convaincu que Leekens ne prendra pas de risques.

Vous gardez un goût amer du dernier match amical, le 19 mai contre la Bulgarie.

On en a tiré nos leçons. Romelu s’était fait extraire les dents de sagesse et n’avait plus joué lors des playoffs. Sauf lors du dernier match contre Saint-Trond, lorsque le coach a voulu lui faire un plaisir en le faisant monter à la 73e. Cela a suffi pour le sélectionner en équipe nationale. Il a souffert du genou pendant cinq à six semaines. Il est rentré plus tôt de vacances - avant les non-internationaux - pour se faire soigner au club.

Le “cas Robben”, qui a joué blessé au Mondial, à la grande fureur du Bayern, plaide en votre faveur.

Je ne connais pas les détails de "l’affaire Robben". Mais elle démontre qu’un dialogue plus ouvert entre le staff médical des clubs et celui de l’équipe nationale peut résoudre beaucoup de choses. Dans cette optique, j’ai eu de bons contacts avec le docteur Van Crombrugge de l’équipe nationale. Non seulement concernant Romelu, mais aussi De Sutter. Lors du dernier match de l’équipe nationale, il n’y avait pas eu de contacts.

Yves Taildeman

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