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Manchester United a giflé Arsenal, balayé dans son stade mardi (3-1), six jours après avoir subi une première démonstration lors du match aller de cette demi-finale 100% anglaise de la Ligue des champions (aller: 1-0).

Les Red Devils défendront leur titre le 27 mai à Rome, contre le vainqueur du duel qui aura lieu mercredi à Stamford Bridge entre le FC Barcelone (champion en 2006) et Chelsea, finaliste malheureux l'an passé (aller: 0-0). Aucune équipe n'a conservé le trophée majeur du football de clubs depuis l'AC Milan en 1990.

L'Angleterre annonçait un bras de fer intense. Arsenal a un collectif redoutable, Arsenal est invaincu en championnat depuis 21 matches, Arsenal n'a pas encaissé de buts à domicile en 2009 en Ligue des champions et en Premier League, énonçaient les gazettes...

Manchester allait "regretter" les occasions ratées à la pelle de l'aller face à une équipe qui allait livrer le "match parfait", promettait son entraîneur Arsène Wenger. Le Français s'est vu accorder huit minutes pour se bercer de ses illusions.

Le temps de voir son équipe faire courir un frisson dans l'échine d'Edwin Van der Sar, pris à contre-pied sur une partie de billard consécutive à un tir de Samir Nasri contré par Rio Ferdinand et Nemanja Vidic (3e). Mais Manchester n'est pas un perdreau de l'année.

L'orage passé, en à peine plus de dix minutes, les hommes du nord mettaient fin à la "bataille d'Angleterre", ramenaient Arsenal à ses insuffisances et Wenger à ses défaites européennes.

Le jeune latéral gauche Kieran Gibbs rappelait pourquoi il ne joue quasiment pas, en glissant sur un centre de Cristiano Ronaldo, pour offrir à Ji-Sung Park une chance en or que le Sud-Coréen exploitait en devançant Manuel Almunia (8e, 1-0).

Puis sur un coup franc légèrement excentré à 25 m de Ronaldo, Almunia montrait que sa possible naturalisation ne serait pas un remède miracle pour une Angleterre en mal de gardiens de qualité (11e, 2-0).

Rarement l'Emirates Stadium n'aura autant mérité le surnom que lui donnent les supporteurs adverses. La "Bibliothèque" savait que ses favoris ne passeraient pas les quatre buts désormais requis. Pas à une équipe qui n'en a concédé qu'un en déplacement en Ligue des champions cette saison.

D'autant que l'enthousiasme initial des Gunners s'était évaporé: Almunia s'employait encore sur des frappes de Wayne Rooney (18e) et Ronaldo (52e).

La sanction intervenait sur un contre mené par Park et Rooney qui trouvait Ronaldo. Sous l'oeil impuissant de Bacary Sagna, le Portugais devançait Almunia (61e, 3-0). Anderson sortait en souriant, Rooney et Patrice Evra le rejoignaient pour éviter un carton synonyme de suspension.

La suspension devait être pour Darren Fletcher qui se mettait à la faute sur Cesc Fabregas en position de dernier défenseur, dans la surface.

Robin van Persie transformait le pénalty, sous les applaudissements ironiques des supporteurs de Manchester (76e). L'humiliation était totale.