Football

Marc Coucke, le nouveau président du RSC Anderlecht, a présenté mercredi son plan de gestion du club bruxellois, en véritable chef d'entreprise. Face à une salle de presse pleine à craquer, il a développé sa vision du club, bien au-delà de l'aspect purement sportif.

Le RSCA, avec ses 34 titres nationaux, sera appelé à offrir davantage d'"expériences" aux supporters et à devenir aussi une sorte de lieu de networking et de rencontres pour les responsables d'entreprises du pays. Depuis l'accord de reprise finalisé fin mars, "nous avons beaucoup parlé, avons rassemblé beaucoup d'informations, regardé quelles étaient les attentes, avec entre autres un sondage auprès des supporters", développe le joyeux homme d'affaires, au style décidément particulier. Après avoir personnellement serré la main de chaque personne entrant dans la salle de presse, le milliardaire qui avait commencé à investir dans le cyclisme avant de se tourner vers le football a mis en avant un objectif principal sur le plan financier: atteindre le "break-even opérationnel", soit une situation dans laquelle le club serait en équilibre financier sans devoir s'appuyer sur les transferts. Ceux-ci, avec les rentrées non-budgettées, viendraient en revanche remplir les caisses, en surplus, pour permettre d'"investir dans le sportif et l'infrastructure", insiste Marc Coucke (glissant un "désolé pour les autres actionnaires", en rigolant).

Il s'agira ainsi de trouver "15 millions d'euros par an", affirme l'homme d'affaires. Le plan va de pair avec une réduction des coûts et une augmentation des revenus. "Nous le faisons avec énormément de respect. On garde les valeurs fondamentales du club", assure-t-il. Tout en promettant de s'attaquer aux coûts "sans tabou": par exemple dans la cellule de scouting, "la moitié est très utile et trouve des noms à suivre, de futurs joueurs prometteurs", mais "la moitié ne fout rien pour cet argent (sic), a reçu ce contrat après avoir fait un bon transfert il y a 7 ans", balance le nouveau président.

Au niveau des rentrées financières, il s'agira d'"offrir bien plus, entre autres aux fans". Bonne nouvelle pour eux: le prix de l'abonnement n'augmentera pas par rapport à la saison écoulée. Un peu plus de 1000 places supplémentaires seront en revanche créées dans les kops, la "tribune ambiance". Une "fan zone" avec arrivée du bus des joueurs, des food trucks et une nouvelle zone famille sera imaginée. "Plus de confort, plus d'ambiance", indique la nouvelle direction: le système d'e-ticketing, intégralement prêt, a ainsi été mis en ligne mardi, de quoi faciliter la tâche des "85% de supporters qui ne sont pas, selon les estimations, de la Région bruxelloise". Un système cashless devrait être mis en place dans le stade. Et les tribunes ont subi quelques modifications organisationnelles, avec entre autres des zones pensées pour les représentants de PME souhaitant non seulement vivre l'expérience d'un match mais également "réseauter", avec en prime une expérience culinaire qui promet des nouveautés: "nous allons travailler avec quatre traiteurs belges renommés qui auront chacun leur salle", annonce le président. "A chaque match, il y aura aussi un 'chef du match'", en plus d'une offre brasserie.

"La partie horeca était très importante pour moi parce que... allez, on est quand même en Belgique!", lance Marc Coucke. Celui-ci s'est dit fier d'annoncer un accord conclu par le club, pour le Saint Guidon, avec le "meilleur chef de Bruxelles", Christophe Hardiquest (Bon Bon). Ce dernier, présent mercredi, a déjà promis d'afficher en cuisine "une citation de Winston Churchill: 'Victory is in the kitchen'"!


Et sur le plan sportif? Passer l'hiver européen et 4 nouveaux transferts

Sur le plan sportif, l'objectif d'Anderlecht la saison prochaine sera de passer l'hiver européen, en Europa League vu la troisième place décrochée en championnat, d'aller plus loin en Coupe que la saison écoulée, et de se maintenir dans la course au titre national jusqu'aux derniers instants de la compétition, selon les ambitions dévoilées par Marc Coucke. Aucun objectif plus précis ou chiffré n'a été mis en avant, il s'agira "d'être encore présent sur trois plans après l'hiver: le niveau européen, la Coupe, et le championnat où nous devons maintenir le suspense jusqu'au bout", annonce le nouveau président, qui entame aux côtés du directeur sportif Luc Devroe une nouvelle ère pour le club bruxellois, après celle de la famille Vanden Stock. "Le noyau doit être plus large, plus fort, plus équilibré", a-t-il résumé. "Cela veut dire qu'il y aura du changement et des apports, mais je refuse l'appellation d''année de transition'". Une grosse part du noyau devrait être rapidement composée, de quoi être déjà rodé pour l'entame de la nouvelle saison, estime-t-il. Sans surprise, le club veut miser sur les jeunes, mais pas seulement.

La présentation du plan de gestion de mercredi a été l'occasion d'annoncer "quatre nouveaux transferts", en réalité trois transferts qui s'accompagnent de la levée de l'option pour Kenny Saief, le médian prêté depuis le mercato hivernal par La Gantoise, et en qui Hein Vanhaezebrouck a placé sa confiance. Les autres apports sont Antonio Milic, défenseur en provenance du KV Ostende, Knowledge Musona, qui rejoint également la capitale depuis le club côtier et pourrait, selon Marc Coucke, "devenir une des surprises à Anderlecht l'an prochain" et Luka Adzic, ailier de l'Étoile rouge Belgrade âgé de 19 ans seulement.

Une proposition de prolongation de contrat a été faite à Adrien Trebel, un joueur clé dans l'effectif anderlechtois, a également lâché le nouveau président. Contre toute attente, elle aurait été accueillie positivement, selon ses dires. "Les discussions sont en cours, et en bonne voie", assure Marc Coucke.

"Nous allons vers une équipe avec plus d'équilibre et de créativité, qui nous permettra d'être actif sur les trois plans" souhaités, promet le président. Qui tire des leçons du passé: "Quand on regarde les légendes d'Anderlecht, pour lesquelles j'ai beaucoup d'estime, on voit qu'elles sont devenues des légendes à Anderlecht, très peu d'entre elles l'étaient déjà avant de venir". "Attirer des grands noms ne sera pas, pour nous, un but en soi", en conclut-il.