Marc Wilmots bat le rappel

Thibaut Roland et Yves Taildeman Publié le - Mis à jour le

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On s’attendait à le revoir rapidement retomber les pieds sur terre, on se doutait sans doute moins que ses talons claqueraient. Au lendemain d’une victoire face aux Pays-Bas dont les séquelles continuaient hier matin d’habiller la ville (les confettis collaient encore au pavé alors que les quelques bagarres étaient depuis bien longtemps terminées), Marc Wilmots semblait parfois à la limite de la gueule de bois. "Je connais la mentalité belge. Les titres de journaux en sont la meilleure preuve. ‘Classe mondiale !’ ‘Extraordinaire !’ Quand je lis ça, je dis : où allez-vous, les gars ? On n’est nulle part ! On est à zéro ! Cela fait 20 ans que je suis dans le métier, et j’ai joué 12 ans en équipe nationale. Soit, on est les meilleurs du monde, soit les plus mauvais. On n’est aucun des deux. On a réalisé une bonne chose, on en a profité la nuit passée, mais c’est déjà oublié. Je ne suis pas un rêveur !"

Mercredi soir dans le vestiaire, certains Diables s’étaient d’ailleurs vu rabaisser le col et le cou à peine relevés par une victoire de prestige. Parfois décontenancés par le discours du sélectionneur, tous mesuraient quelques heures plus tard la nécessité d’un discours "vérité". "Marc craignait peut-être de nous voir planer", précisait un Steven Defour, complimenté de toute part après avoir avalé les kilomètres et collé une sérieuse indigestion à Sneijder totalement muselé. "Franchement, je ne vois aucun risque de ce côté-là. On dit suffisamment de nous que l’on joue dans des grands clubs pour que l’on sache parfaitement que l’on repart de zéro chaque semaine et qu’il faut à chaque fois gagner. De toute façon, Marc ne nous laissera pas l’occasion de nous emballer. Il est peut-être sévère mais c’est avant tout quelqu’un d’extrêmement correct. C’est pour cela qu’il est aussi apprécié."

Une popularité qui aurait pourtant pu basculer hier soir en tribune de presse au moment où le scénario de la victoire venait temporairement de s’inverser (1-2). Après avoir tiré leurs premières balles en Angleterre, les détracteurs de Marc Wilmots (oserait-on seulement dire qu’une majorité d’entre eux se cache du côté flamand ?) s’apprêtaient déjà à le fusiller. "Quand je lis qu’il nous manquait de la profondeur contre l’Angleterre, j’ai du mal à y croire. C’était ridicule. Quand on joue contre un bloc de onze joueurs, il faut quand même passer via les flancs, non ? C’est ce qu’on a essayé de faire."

Avec une grande distinction à la clef. Et comme souvent, les remplaçants à qui une seconde session avait été réservée auront parfois fait mieux que les titulaires programmés : "Cette concurrence devenue encore plus grande m’arrange. Je vais dire une chose : mon banc est plus important que mes onze titulaires ! Mercredi, les réservistes ont fait basculer le match. Et j’ai vu un banc qui m’a fait penser à celui de la Coupe du Monde au Japon. Quel enthousiasme pendant le match ! Mais encore une fois : ceci n’était qu’un match amical. Il y a dix finales qui nous attendent."

Reste qu’après avoir broyé tout le noir qu’il lui restait, le clan belge sait que l’histoire vient sans doute d’être relancée Thibaut Roland et Yves Taildeman

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