Football Roberto Martinez est très fier : "Pour moi, ça a été un privilège de participer à cette aventure".

Une partie de la salle de presse l’a applaudi. Comme après le Brésil. D’autres journalistes belges, dont nous faisons partie, se sont permis, avant de poser leur question, de féliciter Roberto Martinez. Il le mérite et il tire lui-même un bilan très positif de ce tournoi.

Roberto Martinez, comment avez-vous remonté le moral de vos joueurs pour disputer cette petite finale, après la frustration de mardi ?

"Je vais vous dire notre secret : les familles sont venues à notre camp de base. Les joueurs sont redevenus des personnes humaines pendant deux jours, plutôt que des joueurs pros, qui représentaient leur pays. Puis dès vendredi, ils se sont reconcentrés sur le match. J’ai tout de suite revu le même appétit dans les yeux des joueurs. Ensuite, ils ont fait le job."

Quelle a été votre plus grande réussite dans ce tournoi ?

"Celle de devenir une vraie équipe. Dans le football international, quand tu es coach, tu n’as pas tes joueurs assez longtemps et tu n’as le sentiment que tu peux avoir assez d’impact sur la façon de jouer. Ici, on a vu un groupe de joueurs tous impliqués dans la construction d’une équipe. Vous n’avez jamais entendu un joueur parler d’un possible transfert. Tout ce dont ils parlaient, c’était leur contribution au collectif. C’est comme cela, en plus du talent individuel, que l’on réussit les choses que l’on a faites. Nous avons regardé le Brésil dans les yeux. Nous avons signé la remontée la plus importante depuis 1966, nous avons battu le record du nombre de buts inscrits dans un Mondial par la Belgique et nous avons eu dix buteurs différents, ce qui est aussi bien que la France et l’Italie. Tous ces records montrent la force de notre équipe. Nous avons souffert ensemble, nous avons eu des émotions. Nous avons aussi développé un football qui doit avoir plu au spectateur neutre de ce tournoi."

Est-ce aussi votre plus grande réussite personnelle ?

"Je n’aime pas parler de moi. Je dirais juste que j’ai vécu cela comme un privilège. Le football international, c’est une expérience unique. Toute une nation souffre ou fait la fête avec toi. Aujourd’hui, je suis très fier d’avoir participé à cette aventure, qui a marqué l’histoire du foot belge."

Dans trois mois, quand vous repenserez à cette Coupe du Monde, aurez-vous un sentiment plutôt positif vu la troisième place ou négatif à cause de l’élimination en demi-finale ?

"On voulait gagner la Coupe du Monde. Quand tu bats le Brésil, le but doit être de s’imposer. Mais soyons réalistes : nous sommes entrés dans l’histoire de la Belgique en faisant mieux qu’en 1986. C’est une grande satisfaction. Surtout dans la manière. On a joué un football… belge. C’est notre marque de fabrique. Nous avons aussi fait preuve de solidarité et de flexibilité tactique. Tout cela montre ce que nous voulons être en tant que nation de football. C’était une superbe aventure, réussie."

Votre équipe a atteint un très haut niveau. À quel point sera-ce difficile de continuer à progresser ? Quelles seront vos attentes pour les deux années à venir ?

"C’est une très bonne question. Les joueurs ont placé un nouveau niveau d’exigence en équipe nationale. Il faut que cela touche les plus jeunes générations. Le succès doit être partagé, comme la façon de jouer. Nous voulons voir les U21 jouer pour des titres. Nous voulons que les plus jeunes catégories développent cette mentalité de vainqueur. Pour les Diables Rouges, la transition sera naturelle. Vous avez pu voir un jeune comme Youri Tielemans très bien faire son travail dans ce match. Dans les deux prochaines années, nous devons créer de la concurrence. Certains joueurs sont dans la meilleure période de leur carrière, maintenant il faut que les jeunes les poussent. Mais le plus important, c’est la méthode de travail mise en place, sur et en dehors du terrain. Nous allons la répéter jusqu’à l ’Euro 2020."