Football Entretien

Il est élégant, ultradoué techniquement et peut faire basculer un match à lui seul : Matias Suarez a le style de la maison mauve. Celui qui a rendu fous les défenseurs de Sivasspor a pourtant été très discret la saison dernière Tel un papillon sorti de son cocon, l’Argentin a enfin montré son vrai visage. Nous avons rencontré le héros de la semaine hier midi. Malgré cette réussite si longtemps espérée, l’artiste argentin n’est pas du genre à prendre le gros cou

Matias, vous avez bien dormi mardi soir ?

Après n’importe quelle rencontre, je ne m’endors jamais avant 4h ou 5h du matin. J’avoue que cette fois, j’ai encore eu plus de difficultés à trouver le sommeil.

Vous étiez nerveux avant ce match ?

Non, mais j’étais tout de même plus anxieux que d’habitude. J’avais attendu très longtemps de recevoir ma chance dans une rencontre d’une telle importance et je voulais absolument montrer de quoi j’étais capable.

Vous y êtes parvenu et le public a souvent scandé votre nom. Boussoufa et Frutos sont convaincus que vous pouvez devenir la coqueluche des supporters...

Merci à eux d’avoir dit cela ! Mes équipiers m’ont toujours beaucoup aidé. Mardi, j’ai été touché par la belle ovation des supporters quand j’ai été remplacé. Mais il ne faut pas me sortir du lot : le public a surtout aidé l’équipe dans son ensemble

Vous avez toujours été aussi modeste ? Même à Cordoba, quand vous étiez la star de l'équipe ?

Je suis comme vous me voyez : cela fait partie de mon caractère. Je n’ai jamais vraiment eu le profil d’un leader. Je suis une personne calme et humble. En Argentine, même si certains prétendaient que j’étais le joueur le plus important de l’équipe, je ne me suis jamais senti l’âme d’une idole.

A quel niveau vous situez-vous pour le moment ?

C’est difficile à dire mais je sais que j’ai encore une grande marge de progression.

Maintenant, la question que tout le monde se pose : comment expliquer votre métamorphose, si soudaine et spectaculaire ?

L’an passé, j’ai accumulé les tuiles. Je ne jouais pas, je me sentais mal et j’ai aussi eu la malchance de me blesser. Je n’avais pas non plus eu la chance de jouer à ma meilleure position. Mais je venais d’arriver et le système était déjà en place. Je ne pouvais pas exiger qu’on change la tactique pour moi !

Vous avez parfois douté de votre réussite à Anderlecht ?

Je dois bien avouer que oui. J’ai parfois songé à rentrer en Argentine. Mais j’ai décidé de m’accrocher. Et j’ai bien fait.