Football Le Napoli réalise un sans-faute en Serie A, grâce notamment à un Mertens tout feu, tout flammes.

9 octobre 2016. Arkadiusz Milik se blesse gravement avec la Pologne. Indisponible plusieurs mois, son absence est une tuile pour Naples, qui vient de le recruter pour plus de trente millions d'euros. Maurizio Sarri, lui, ne panique pas. Il a un plan: replacer Dries Mertens, habitué à jouer aux réservistes de luxe sur l'aile, au poste d'avant-centre.

Quasi un an et trente-sept buts plus tard, l'évidence est là, fatale: c'est un coup de génie. Le virevoltant Mertens, qui l'on croyait plutôt taillé pour le flanc avec sa vitesse et sa petite taille, excelle au poste de numéro 9. "J'ai eu un peu de chance, car j'ai découvert cela près la blessure de Milik", explique Sarri. "Je regrette de lui avoir accordé ce rôle si tard." Une réussite telle qu'elle suscite la plus audacieuse des comparaisons au pied du Vésuve. Et si le Belge était le nouveau Diego Maradona ?

© AP

Une question qui sonne presque comme une hérésie tant les deux hommes sont incomparables. Mais qui revient à nouveau après la victoire acquise sur le terrain de la Lazio. Une rencontre marquée par l'illumination de Dries, auteur d'un but sensationnel. Un but à la Maradona ? "On m'a montré son but en me disant qu'il était plus difficile, donc non", sourit calmement Mertens au micro de Sky Italia après le match. Il rappelle en tout cas celui marqué en 1984 par le génial Argentin... contre la Lazio !

Maradona ou pas, le Diable rouge prend son pied comme jamais à Naples, dans un rôle qui lui sied à merveille. "Je m'amuse en tant qu'avant-centre et j'y joue bien. Je m'y plais", dit-il. "Il n'y pas grand chose à dire, si ce n'est que ce mec continue de grandir, et en ce moment, c'est un vrai fuoriclasse", s'enflamme également son coach Sarri. "Je veux qu'il soit un animal affamé de buts."

Pour le moment, c'est bien parti. Le vorace Mertens a déjà marqué à sept reprises en huit matches. Une moyenne qui ne demande qu'à croître, tant le Napoli impressionne offensivement, tant en Italie qu'en Europe.

© AP

Avec déjà dix-neuf buts inscrits en cinq journées, les Partenopei carburent à 3,8 buts par match, soit plus que le Barça, le PSG ou les deux clubs de Manchester. Énorme... Et excepté la Roma emmenée par un grand Edin Dzeko et le Milan AC, personne ne tire plus au but que les Napolitains (18,6 tirs par match, dont la moitié est cadrée).

"Le jeu de Sarri permet aux attaquants de marquer beaucoup de buts", analyse de son côté le joueur. Un jeu fait de passes courtes au sol qui correspond parfaitement au jeu plein de mouvement de Mertens. Naples est d'ailleurs de loin l'équipe qui réalise le plus de passes par match avec une moyenne de 88,6% de réussite: 725,6 par rencontre, bien plus que le Manchester City de Pep Guardiola (659,8), le Barça d'Ernesto Valverde (678,2), le PSG d'Unay Emery (686,8) ou encore le Bayern de Carlo Ancelotti (667,6).

Mertens évolue également dans un football de possession (60,2% cette saison, meilleure moyenne de Serie A), qui pousse le bloc vers l'avant. Tout bon pour lui, qui n'a "plus qu'à" profiter à fond des offrandes de Lorenzo Insigne (déjà deux passes dé' de la part de l'Italien depuis la reprise). 

Bref, entre une équipe qui tourne à plein régime, un environnement foot idéal et une confiance au zénith, la saison de Dries Mertens s'annonce sous les meilleurs auspices.